Économie

À Dar Es Salam, Ecobank planche sur son futur et la suite du conflit avec Thierry Tanoh

Malgré des résultats positifs au cours de l’exercice 2014, l’Assemblée annuelle d’Ecobank porte la marque du litige opposant le groupe bancaire à son ancien directeur général, Thierry Tanoh.

Par - Envoyé spécial à Dar Es Salam
Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14:43

Le siège d’Ecobank à Lomé, au Togo. © Michel Aveline pour JA

La 27eme Assemblée annuelle d’Ecobank, qui s’est ouverte ce vendredi 19 juin à Dar Es Salaam, la capitale tanzanienne, reste marquée par le litige opposant le groupe bancaire panafricain à son ancien directeur général, l’Ivoirien Thierry Tanoh.

Malgré les résultats positifs de l’exercice 2014, les actionnaires d’Ecobank se sont interrogés sur l’impact des condamnations prononcées par le tribunal de commerce d’Abidjan (en janvier) et du tribunal du travail de Lomé (en février), sur les finances du groupe bancaire – et ce d’autant plus que le vendredi 12 juin, le tribunal de commerce d’Abidjan a confirmé en appel la condamnation.

Légal

« Aujourd’hui, si on prend compte de cette condamnation du tribunal de commerce d’Abidjan, Ecobank va devoir verser environ 35 milliards de F CFA [53,36 millions d’euros] à Thierry Tanoh » a confié à Jeune Afrique, un actionnaire.

Emmanuel Ikazoboh, le président du conseil d’administration d’Ecobank s’est voulu plus rassurant. « Nous poursuivons la procédure devant la Haute Cour de Londres [qui a enjoint Thierry Tanoh à stopper l’exécution des décisions obtenues contre Ecobank, ndlr]. Nous ne payerons à Thierry Tanoh que ce que nous devrons payer légalement ! », a-t-il indiqué.

« Nous sommes en discussions avec Thierry Tanoh et notre objectif sera de conclure cette affaire à l’amiable », a expliqué Emmanuel Ibakozoh, sans donner aucune précision sur le montant que le groupe bancaire est prêt à payer à son ancien directeur général.

Consolidation

Concernant les travaux de l’Assemblée générale, les actionnaires ont validé les comptes consolidés de l’exercice 2014 qui affichent des profits après impôts de 394,77 millions (+167 %), des revenus de 2,28 milliards de dollars (+14 %) et un total des actifs de 24,2 milliards de dollars (+8 %). Le groupe s’est engagé à poursuivre son développement sur le continent en prévoyant une implantation en Angola, avant de se concentrer sur la consolidation.

« Nous prévoyons [ensuite] de freiner notre expansion pour nous concentrer sur les actions et stratégies de consolidation, en lançant la banque par internet, qui est aujourd’hui un projet de croissance » a expliqué Albert Essien, le directeur général d’Ecobank qui part à la retraite et a été félicité par les administrateurs et les actionnaires.

Son remplaçant, le Nigérian Ade Ayeyemi, ancien de Citigroup, prendra ses fonctions le 1er septembre 2015.