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Burundi : le gouvernement accepte le déploiement d’experts militaires de l’UA, mais…

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Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14:43

Pierre Nkurunziza, le 17 mai 2015 à Bujumbura. © Jerome Delay/AP/SIPA

Le gouvernement burundais a posé jeudi des conditions au déploiement d’experts militaires de l’Union africaine (UA). Une mesure à laquelle il n’est pas opposé, mais il a réclamé des consultations préalables et refusé la demande implicite de l’UA de fixer une nouvelle date aux élections.

« Sur les questions en rapport avec les experts militaires, les observateurs des droits humains, nous disons qu’en principe il n’y a pas de problème, il n’y a pas d’objection », a déclaré jeudi 17 juin le ministre burundais des Relations extérieures, Aimé-Alain Nyamitwe, tout en réclamant des concertations préalables avec l’UA. « On n’envoie pas des experts militaires dans un pays sans qu’il y ait eu des consultations, on n’envoie pas d’observateurs des droits humains sans consultations », a-t-il insisté.

Pour tenter de sortir le Burundi de la crise politique, l’organisation panafricaine – lors de son 25e sommet qui s’est tenu les 14 et 15 juin 2015 à Johannesburg – a décidé l’envoi dans le pays d’observateurs des droits de l’Homme et d’experts militaires chargés de superviser le désarmement de milices et groupes armés.

« Il appartient à l’organisation qui a émis ce souhait de le mettre en œuvre avec célérité », a ajouté le chef de la diplomatie burundaise, appelant l’UA à préciser les pays d’origine de ces experts ou observateurs, leur nombre, leur mandat précis.

Aucun nouveau report envisagé

La Communauté est-africaine (EAC), dont est membre le Burundi, avait demandé fin mai à Bujumbura de repousser, d’au moins un mois et demi, les législatives et communales du 5 juin et la présidentielle du 26.

Le ministre burundais a exclu tout nouveau report électoral, estimant que le calendrier annoncé permettait de prendre en considération à la fois la demande de report de l’EAC et le respect des délais institutionnels. M. Nyamitwe a rappelé que les conseils communaux devaient être remplacés d’ici au 7 juillet afin d’élire le Sénat et que le nouveau président devait prêter serment devant le nouveau Parlement au plus tard le 26 août, date d’expiration du mandat du président Nkurunziza. « Le calendrier a déjà été changé deux fois, il ne faut pas le changer une autre fois », a-t-il estimé.

Dans un communiqué, la société civile a dénoncé » la démarche solitaire du gouvernement » et demandé au président Nkurunziza « de renoncer au forcing électoral sans issue qui risque d’hypothéquer gravement la paix et la stabilité du Burundi et de toute la région ».