Politique économique

Côte d’Ivoire : le FMI se montre réservé sur les prévisions de croissance

Le gouvernement ivoirien table sur une poussée des investissements après 2015. © Olivier pour Jeune Afrique.

Alors que le gouvernement ivoirien parie sur une hausse de 9,4 % du PIB du pays en 2015, dans une note publiée cette semaine, le Fonds monétaire internationale se montre plus prudent.

La croissance de l’économie ivoirienne devrait s’établir à 7,9 % du PIB cette année et se maintenir à une moyenne de 7,6 % entre 2016 et 2017, a annoncé le Fonds monétaire international dans un rapport publié le 15 juin. Si dans cette étude, le FMI rappelle la vigueur de la croissance économique du pays et son potentiel, il faut noter que les prévisions du Fonds se situent en deçà des calculs du gouvernement selon lequel la croissance devrait être de 9,4 % en 2015 et passer la barre des 10 % d’ici à 2020.

Abidjan table notamment sur la poursuite du rebond économique expérimenté  depuis la fin, en 2011, d’une décennie de crise politico-militaire et sur une poussée des investissements privés après l’élection présidentielle prévue fin 2015.

Réserves

Dans son examen des prévisions du gouvernement ivoirien, le Fonds monétaire international se montre réservé sur deux points : les scénarios de croissance préparés par les autorités et la qualité des données utilisées.

« Si nos analystes reconnaissent que la fin des élections pourrait rassurer des investisseurs privés qui aujourd’hui seraient dans une attitude attentiste et hisser la croissance au dessus de nos prévisions de 2016, nous estimons que ce facteur est trop incertain pour être incorporé dans notre scénario de base », a indiqué le FMI dans son rapport.

Pour justifier sa prudence, l’institution internationale fait part de ses doutes quant aux données fournies précédemment par le gouvernement ivoirien. Dans son rapport, le FMI rappelle les « faiblesses importantes dans le système statistique qui brouillent la mesure précise des performances de croissance ». L’institution s’inquiète par exemple du « manque de données dans quelques secteurs (par exemple, l’agriculture de subsistance, la construction et les travaux publics, les services immobiliers) », qui  conduit à l’utilisation des méthodes statistiques « qui fournissent des mesures imprécises ».

Le FMI estime notamment que la « précision de l’estimation du PIB en 2014 est quelque peu incertaine en raison de faiblesses dans la collecte de données sur l’agriculture de subsistance ». En particulier, les autorités ont signalé une hausse exceptionnelle de la récolte de manioc – en progression de 74 % – qui a contribué à hauteur de 1,3 point de pourcentage à la croissance globale du PIB estimée à 7,9 %.

Incertitudes

Par ailleurs, le rapport du FMI met en lumière les incertitudes autour des données économiques dans de nombreux pays africains. Comme le montre le graphique ci-dessous des divergences importantes dans l’évaluation et les prévisions de taux de croissance existent non seulement entre le FMI et les autorités locales, mais également entre les institutions internationales elles-mêmes, ce qui reflète des différences de méthodes statistiques (année de base choisie pour le calcul, par exemple) et la disponibilité de données.

« La Côte d’Ivoire a désormais accès aux marchés financiers internationaux, les autorités devraient mettre à jour et diffuser des données économiques pour faciliter le suivi par les investisseurs privés et les agences de notation de crédit », appelle FMI. Une exhortation qui est adressée, de fait, aux autres pays de la région.

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