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Sénégal : le pari réussi de CSTT

Initialement spécialisée dans le transit maritime, l'entreprise s'est diversifiée dans les années 1990. © Ahounou/JA

Le groupe d'ingénierie sénégalais s'apprête à lancer une plateforme logistique dévolue aux opérateurs miniers actifs en Afrique de l'Ouest. Il annonce aussi l'ouverture d'un bureau d'achat en Chine début 2013.

Au cours du premier semestre 2013, Kédougou, dans le sud-est du Sénégal, accueillera la première plateforme logistique d’Afrique de l’Ouest francophone. D’une surface de 30 000 m2 et d’un coût de 3,8 millions d’euros, elle desservira les entreprises minières dans une région au potentiel immense. « Les coûts des compagnies seront réduits, puisqu’elles n’auront plus à stocker elles-mêmes leur matériel », explique Yves d’Erneville, directeur des opérations de la Compagnie sénégalaise de transports transatlantiques (CSTT).

Dirigé par Mamadou Lamine Gueye, le groupe de 350 salariés est en train de réussir son pari : devenir une société d’ingénierie au service des industriels, notamment miniers, présente sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Un virage stratégique pris dans les années 1990, alors que l’arrivée du français Bolloré dans le transit maritime à Dakar rendait incertain l’avenir de la société familiale créée en 1949.

Le patron sénégalais rappelle que la crise au Mali n’a pas empêché la société d’y livrer ses clients en temps et en heure.

« Nous avions l’expertise du terrain pour sortir les marchandises et les acheminer dans les endroits les plus reculés du Sénégal et au-delà », précise Yves d’Erneville. Le premier client de CSTT, AngloGold Ashanti, lui a confié l’approvisionnement d’une mine au Mali. Puis c’est Randgold Resources, au Sénégal, qui lui a fait confiance. « Rien ne nous arrête ni ne nous effraie. Nous sommes habitués à travailler dans toutes les conditions », poursuit le Sénégalais, rappelant que la crise au Mali n’a pas empêché la société d’y livrer ses clients en temps et en heure.

Bientôt en Chine

Aujourd’hui le groupe, qui a développé deux filiales, Afrilog et Multilog, est implanté en France, aux États-Unis, en Afrique du Sud, en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Guinée, au Mali, depuis peu en RD Congo et au Mozambique, et bientôt en Zambie. En Afrique du Sud, Yves d’Erneville dirige un bureau d’une soixantaine de personnes. « Nous y gérons les achats pour nos clients », précise-t-il. La centrale achète entre 4 millions et 6 millions d’euros de marchandises par mois.

« Début 2013, nous ouvrirons un bureau d’achat en Chine, car de plus en plus de matériel est acheté là-bas », assure le directeur des opérations. Et l’expérience sénégalaise de plateforme logistique devrait être déclinée en Afrique de l’Est, région en plein boom minier.

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