Défense

Syrie : les rebelles repoussent les jihadistes dans le nord

| Par AFP
Un tireur d’élite kurde dans les ruines de Kobane, en Syrie, le 30 janvier 2015.

Un tireur d'élite kurde dans les ruines de Kobane, en Syrie, le 30 janvier 2015. © Bulent Kilic/AFP

Des rebelles en Syrie ont repoussé les jihadistes de l’Etat islamique (EI) d’un village de la province d’Alep (nord) proche de la frontière turque où le groupe tente de couper un point d’approvisionnement clé des insurgés, affirme samedi une ONG.

Des militants ont également rapporté à l’AFP de violents combats entre les deux bords dans les environs de Marea, un des principaux fiefs de la rébellion dans cette province que l’EI veut à tout prix capturer.

Dans la guerre qui ravage la Syrie depuis plus de quatre ans, la rébellion combat à la fois le régime de Bachar al-Assad et le groupe jihadiste, qui a profité du chaos pour s’implanter dans le pays dont il contrôle désormais 50% du territoire, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Les groupes rebelles ont chassé vendredi soir l’EI du village d’Al-Bal situé dans le nord de la province d’Alep, affirme l’OSDH.

« Couper ce passage »

Al-Bal se situe à une dizaine de km du passage de Bab al-Salama à la frontière turque, principal point d’approvisionnement des rebelles en armes et combattants.

« L’objectif ultime de l’EI est de couper ce passage », selon le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Les combats ont fait au moins 29 morts en moins de 24 heures –14 du côté rebelle et 15 jihadistes, de même source.

Plus au sud, des combats opposaient jihadistes et rebelles dans les environs de Marea, selon des militants.

L’EI a tenté à plusieurs reprises de prendre Marea, en vain, affirme à l’AFP Mamoun Abou Omar, directeur d’une agence de presse locale, Shahba Press.

C’est un objectif stratégique pour eux car Marea est un réservoir de combattants et d’armes pour la rébellion, explique le jeune homme originaire de cette ville.

Marea se situe également sur une importante route menant à la frontière turque.

L’EI tente d’encercler la ville en occupant les villages tout autour, poursuit Mamoun, qui fait état de combats au cours des dernières 24 heures dans au moins deux bourgs voisins.

Dans la même province, trois officiers de l’armée syrienne ont été tués quand leur hélicoptère a été abattu par l’EI près de l’aéroport de Koueires, contrôlé par le régime et encerclé par les jihadistes depuis mars 2014.

« Les trois officiers ont péri mais nous ignorons si l’EI a pris les corps », a souligné le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane.

Dans une autre province du nord de la Syrie, les combattants kurdes ont encore progressé à Raqa, bastion de l’EI, dans une tentative de prendre l’importante ville frontalière de Tall Abyad.

Selon l’Observatoire, les Unités de protection du peuple (YPG, combattants kurdes) ne sont plus qu’à 10 km au sud-ouest de la ville.

Les forces kurdes, appuyées par les frappes de la coalition internationale, avaient repris à l’EI en janvier la ville de Kobané, dans la province d’Alep.

Elles avançaient samedi des côtés est et ouest de Tall Abyad, selon l’OSDH.

La guerre en Syrie, qui a commencé par des manifestations anti-régime pacifiques en 2011, réprimées dans le sang, est devenu un conflit complexe aux fronts multiples.

Au cours des derniers mois, la rébellion a infligé des revers au régime dans le nord, notamment dans la province d’Idleb, et dans le sud, mais elle reste menacée par l’EI qui veut gagner du terrain à la fois aux dépens du régime et des insurgés.

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