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Cet article est issu du dossier «Transport maritime : au bonheur des armateurs»

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Économie

Lars Reno Jakobsen, AP Moller-Maersk : « Nous voulons continuer à grandir dans le portuaire »

Lars Reno Jakobsen, vice-président Afrique d'APMM.

Lars Reno Jakobsen, vice-président Afrique d'APMM. © Maersk

Le premier transporteur mondial de conteneurs réduit la voilure en Asie, mais l’Afrique reste au coeur de la stratégie de développement d’AP Moller-Maersk.

Comptant dans ses filiales les armateurs Maersk Line et Safmarine, ainsi que l’opérateur portuaire APM Terminals, le groupe danois AP Moller-Maersk (APMM) est aujourd’hui l’un des poids lourds du secteur maritime sur le continent. Il y multiplie les investissements portuaires et pétroliers depuis les récentes découvertes dans l’offshore angolais. Lars Reno Jakobsen, vice-président d’APMM chargé de l’Afrique, détaille l’actualité du groupe sur le continent.

Jeune Afrique : Comment évoluent les activités du groupe APMM en Afrique ?

Lars Jakobsen : L’économie y affiche de très bons résultats, et nos activités sur le continent, qui représentent environ 10 % de notre chiffre d’affaires, suivent la tendance. Nos volumes de marchandises transportées vers ou depuis l’Afrique ont progressé de 19 % l’an dernier et nous prévoyons une nouvelle hausse cette année.

Crise économique oblige, vous venez d’annoncer le gel de vos investissements dans le secteur maritime. Quelles en seront les conséquences sur le continent ?

Il n’y en aura aucune ! Comme tous les armateurs, nous sommes évidemment touchés par les effets de la crise, mais nos résultats, bien qu’inférieurs aux années précédentes, restent positifs. APMM, à travers Maersk Line et Safmarine, s’est engagé à maintenir, et si possible à renforcer, ses activités et sa position en Afrique. Nous allons recevoir dans les prochains mois les derniers exemplaires des 22 navires de classe Wafmax, construits tout spécialement pour les ports africains, et cet investissement de 2,4 milliards de dollars [1,8 milliard d’euros, NDLR] symbolise notre engagement sur le continent.

Maersk connecte quotidiennement une quarantaine de pays africains aux autres continents avec plus d’une centaine de navires mis en ligne.

Maersk Line est aujourd’hui l’un des tout premiers armateurs à desservir l’Afrique. Nous connectons quotidiennement une quarantaine de ses pays aux autres continents avec plus d’une centaine de navires mis en ligne, entre Maersk Line, spécialisé dans le conteneur, et Safmarine, qui travaille aussi dans les vracs et les marchandises générales. Notre branche portuaire est présente également dans les ports les plus importants du golfe de Guinée, et nous sommes aujourd’hui l’un des principaux acteurs du secteur maritime en Afrique, où nous employons plus de 10 000 personnes.

Un an après l’intégration complète de Safmarine, quel bilan tirez-vous de l’opération ?

Cette intégration concernait essentiellement les services administratifs. Safmarine garde sa propre organisation, ses clients, ses activités et sa stratégie opérationnelle. La compagnie jouit depuis longtemps d’une excellente réputation auprès de sa clientèle, il n’y avait donc aucune raison d’interférer dans ces relations. Nous voulons au contraire jouer la carte de la complémentarité autour de deux marques différentes au sein du même groupe.

Entendez-vous néanmoins réorganiser votre desserte du continent ?

Le plus important pour nous est de proposer à nos clients la plus grande fiabilité et les temps de transit les plus courts du marché, en desservant directement les ports ou en nous appuyant sur notre hub de Tanger pour des opérations de transbordement. Nous disposons de deux très bonnes options, très complémentaires, pour assurer la meilleure desserte possible du continent, depuis l’Europe comme depuis l’Asie. En attendant l’arrivée d’un second hub en Afrique de l’Ouest, qui pourrait bien être situé au Nigeria.

C’est le projet Badagry au Nigeria, qu’APMM vient de confirmer…

Nous disposons déjà de deux terminaux au Nigeria, dans lesquels nous enregistrons d’excellents résultats. Avec un marché potentiel de 170 millions de personnes, l’un des plus importants de l’Afrique de l’Ouest, un nouveau terminal s’impose comme une évidence, surtout que le futur port en eau profonde de Badagry devrait disposer de la meilleure connectivité possible avec les marchés domestique et sous-régionaux. Une fois réalisé, ce port sera le plus grand de toute l’Afrique subsaharienne en termes de capacité, avec ses 3 km de quais polyvalents et ses 2 000 ha de terrains portuaires. L’attribution de la concession est attendue pour début 2013, et nous espérons démarrer nos opérations à l’horizon 2016, avec une attention particulière portée au transbordement régional.

Nous croyons aussi beaucoup au développement des ports secs et des corridors de transport à travers le continent.

Justement, beaucoup de ports africains, notamment le long du golfe de Guinée, annoncent d’importants projets pour développer leurs activités de transbordement. Est-ce justifié ?

Vu la croissance continue du trafic de marchandises en Afrique, tout ce qui concerne le développement portuaire est, en général, positif. Ces dernières années, les armateurs ont tendance à favoriser le transbordement sur les marchés les plus importants, en s’appuyant sur des infrastructures dimensionnées pour recevoir les géants des mers mis en ligne par les compagnies actuellement. Dans cette logique, tous les investissements sont donc bons à prendre, surtout qu’en la matière l’Afrique manque encore de nombreux équipements. Mais sa croissance économique actuelle et à venir va très certainement faciliter ces investissements.

Quelle est votre stratégie de croissance dans le domaine maritime pour le continent ?

Nous voulons continuer à grandir dans le portuaire. Avec neuf terminaux dans huit pays, APM Terminals compte déjà parmi les tout premiers opérateurs en Afrique et nous voulons poursuivre nos investissements en allant là où le marché nous attend. Nous croyons aussi beaucoup au développement des ports secs et des corridors de transport à travers le continent. La constitution d’un véritable réseau logistique est fondamentale dans sa desserte, car elle permet de doper les volumes à l’export et pousse en conséquence les compagnies à mieux servir leurs ports.

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