Économie

RD Congo : ENRC se sépare de Gertler

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Mis à jour le 11 décembre 2012 à 13:53

ENRC a racheté pour 550 millions de dollars les parts de l’homme d’affaires israélien Dan Gertler dans Camrose Resources. Le minier kazakh entend ainsi mettre fin à ses rapports avec l’homme d’affaires controversé.

 La campagne de sensibilisation menée à l’encontre de l’homme d’affaires israélien Dan Gertler en RD Congo semble commencer à porter ses fruits. Plusieurs fois dénoncé par Global Witness et tout récemment par le célèbre média américain Bloomberg, l’intermédiaire qui a su se rendre incontournable pour exploiter les richesses minières congolaises, vient de perdre un associé de poids. Dans un effort pour redorer son blason, la société minière kazakhe ENRC lui a offert 550 millions de dollars par pour acquérir les 49,5% qu’il ne détenait pas déjà dans Camrose Resources, société qui contrôle plusieurs actifs dans le cuivre, y compris le très convoité projet de Kolwezi.

Coté à Londres, ENRC cherche également à restaurer le rendement de ses actions, qui ont sous-performé ses rivales de près de 60% sur les deux dernières années, plombées par les risques liés à la gouvernance et à la transparence. Plusieurs ONG qui militent pour la transparence, dont Global Witness, ont critiqué ENRC pour l’utilisation de partenaires en RD Congo, par le biais de sociétés offshore, qui auraient été utilisées pour corrompre des politiciens locaux.

 

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Gertler continuera à « explorer’

Gertler, une figure influente dans le secteur minier congolais qui entretient des liens étroits avec le président Joseph Kabila, nie les accusations. Un porte-parole de la société de Dan Gertler, Fleurette Group, a déclaré que l’homme d’affaires continuerait à « explorer les possibilités avec d’autres acteurs de premier plan dans le secteur ». Gertler est encore partenaire du géant Glencore par exemple.

 

Il y a deux ans, ENRC s’est trouvé au cœur d’un débat sur les biens expropriés après avoir acheté les premiers 50,5% de Camrose, un holding basé à l’étranger qui contrôle le projet de cuivre de Kolwezi. Kolwezi était auparavant détenu par le canadien First Quantum, jusqu’à la révocation de sa licence en 2009. Le litige entre ENRC et First Quantum ne s’est conclu qu’au début 2012, à l’amiable.

Le potentiel de production à court terme des actifs de Camrose est évalué à environ 100 000 tonnes de cuivre par an.