Transports

Sylvain Bosc, Corsair : « Nous relierons Paris à Abidjan dès le 1er mars 2013 »

Sylvain Bosc est directeur général adjoint en charge des affaires commerciales de Corsair. © Baudelaire Mieu/JA

Après Dakar, la compagnie aérienne française a décidé de relier Abidjan à partir du mois de mars prochain. Le directeur général adjoint en charge des affaires commerciales, Sylvain Bosc, mise sur les voyages d'affaires, du tourisme et sur la diaspora. Mais sait que la concurrence, notamment celle d'Air France, sera très forte.

Propos recueillis à Abidjan par Baudelaire Mieu

Jeune Afrique : Comment est né le projet d’ouverture d’une ligne vers la Côte d’Ivoire et à combien se chiffre l’investissement pour cette implantation?
Sylvain Bosc : Nous avons commencé les négociations juste  après le 17 septembre, en marge du Salon du Tourisme de Paris, au cours duquel  nous avons annoncé l’ouverture de la ligne Paris-Dakar en vol régulier avec le ministre sénégalais Youssouf N’Dour. Cette annonce a suscité de l’engouement auprès de plusieurs pays africains qui sont venus à notre rencontre pour nous proposer d’ouvrir  les dessertes entre Paris et leurs capitales pour développer le tourisme et la desserte. En premier lieu, les autorités ivoiriennes se sont montrées plus offensives. Entre le 17 septembre et le 11 décembre, nous avons accompli toutes les formalités administratives aussi bien en France qu’en Côte d’Ivoire. Tout cela a été extrêmement vite. Nous démarrerons la desserte Paris-Abidjan-Paris à partir du 1 mars 2013. En plus du Airbus A330-300 que nous avons sur la ligne Paris-Dakar-Paris, Corsair fera l’acquisition d’un Airbus A330-300 neuf de 380 places, dès le mois de janvier pour assurer les vols vers la Côte d’Ivoire. Les investissements seront énormes. L’ouverture d’une ligne est très couteuse. Nous investirons plusieurs  millions d’euros.

Avez-vous d’autres dessertes à ouvrir sur des capitales africaines en 2013 ?
Pour l’instant, nous nous concentrerons sur Abidjan. Nous allons rentabiliser la ligne qui sera notre second marché après le Sénégal. Abidjan, ce n’est pas gagné, on a en face de nous une concurrence qui sera forte avec Air France. N’oubliez pas que nous sommes la deuxième compagnie aérienne française derrière Air France qui ne nous laissera pas prendre le marché. Nous sommes une petite compagnie et même si nous sommes axés sur la diversification, nous préférons digérer les opérations de Dakar et d’Abidjan. Corsair est en plein redressement. En octobre, un plan de 350 départs volontaires a été bouclé. Nous avons été recapitalisés à hauteur de 300 millions d’euros par notre maison mère, le groupe TUI Travel. Notre plan de redressement « Take Off 2012 » nous permettra d’atteindre un équilibre lors de l’exercice 2014.

Nous allons offrir aux passagers en classes affaires à un tarif deux fois et demi inférieur à celui qu’on trouve sur le marché.

Quel sera le positionnement de Corsair en Côte d’Ivoire par rapport à la concurrence, quelle est votre appréhension par rapport aux questions de sûreté dans les aéroports africains ?
La concurrence est une chose positive. Elle permet d’aiguillonner les acteurs et les consommateurs y gagnent. Notre positionnement est d’offrir le meilleur rapport qualité prix pour chacun des segments de la clientèle. Nous ferons un mix. Nous visons la diaspora ivoirienne à Paris, également les français qui font la navette entre la Côte d’Ivoire et la France. Et aussi les clients d’affaires et le tourisme. Notre objectif est de rendre le voyage plus agréable. Nous allons offrir aux passagers en classes affaires à un tarif deux fois et demi inférieur à celui qu’on trouve sur le marché. En classe économique, nous introduirons un prix qui est 35% inférieur à ce qui se pratique. Nous voulons rendre le voyage agréable et abordable. Notre objectif est  de donner à tous ses passagers qui passent par la péninsule ibérique, par le Maghreb, Bruxelles ou par Istanbul d’avoir des meilleurs prix sur les liaisons directes que nous ouvrons avec un confort indispensable à tous les vols longs courriers.. Abidjan a les mêmes standards de sûreté et de sécurité que ceux d’Orly et Roissy [près de Paris, NDLR], de Montréal, ou de Mayotte.  

Quelles perspectives en Afrique de l’ouest pour une compagnie comme Corsair alors qu’il y a déjà une pléthore de compagnies ?
Les perspectives sont bonnes. La desserte Paris-Abidjan est historiquement une ligne à forte croissance. Nous ambitionnons dès la première année  un taux de remplissage de 80% de nos vols avec 4 vols hebdomadaires. Nous sommes prêts à sceller un partenariat avec toutes les compagnies régionales, à commencer par Air Côte d’Ivoire. Nous n’avons pas les moyens de desservir toutes les capitales ouest-africaines parce que le marché est trop petit pour le nombre de compagnies. Nous allons concentrer nos flux pour essayer d’amener les passagers de Brazzaville ou de Conakry jusqu’à Abidjan pour qu’en plus ils puissent prendre des correspondances dans de bonnes conditions de confort vers leurs destinations finales. Ce sera profitable pour Corsair et pour la compagnie aérienne locale qui nous aidera à mettre en place ce plan. Nous pensons conclure un accord avec Air Côte d’Ivoire comme nous l’avons fait avec Sénégal Airlines.

 

 

 

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