Justice

Émeutes de Port-Saïd : onze supporteurs condamnés à mort

| Par Jeune Afrique avec AFP
Un tribunal égyptien a confirmé la condamnation à mort de 11 supporteurs ayant pris part aux émeutes de Port-Saïd en 2012

Un tribunal égyptien a confirmé la condamnation à mort de 11 supporteurs ayant pris part aux émeutes de Port-Saïd en 2012 © Ahmed Abd El Latif/AP/SIPA

Un tribunal égyptien a confirmé mardi les peines de mort infligées à 11 supporteurs pour des émeutes ayant fait 74 morts dans un stade à Port-Saïd après un match de football en 2012.

Les émeutes de Port-Saïd (Nord-Est) ont été les plus meurtrières de l’histoire du pays en marge d’un match de football. Le 1er février 2012, à l’issue d’une rencontre de Première Ligue qui opposait le club de Port-Saïd, Al Ahly SC, au club cairote Al Masry. À l’issue des 90 minutes très tendues, Al Ahly SC remporte le match 3-1. Les supporters cairotes, dont certains étaient armés, déferlent alors sur le terrain. Le bilan s’élève à 72 morts.

Les peines capitales, avaient été prononcées le 19 avril, avant d’être confirmées hier, par le tribunal du Caire après l’avis non contraignant – et non public – rendu par le mufti d’Égypte. Quarante des 72 accusés poursuivis ont quant à eux écopé de peines allant d’une à 15 années de prison. Parmi eux, deux membres de l’encadrement du club d’Al-Masry ont été condamnés à cinq ans de détention, tout comme deux haut responsables de la police accusés d’avoir facilité l’entrée des supporteurs armés et de les avoir laissés attaquer ceux de l’équipe adverse. 21 autres accusés ont été acquittés, dont sept responsables de la police.

« Ce pays est corrompu »

« Où est la justice ? Ils ont libéré les policiers qui ont fermé les portes (du stade) sur nos enfants » , hurlait la mère d’une victime, en larmes, à l’extérieur de l’académie de police où siégeait le tribunal.
« Ils se moquent de nous. La justice est corrompue, ce pays est corrompu. Les jeunes sont morts, et on a des peines de prison de 10 ans et de cinq ans, et les policiers sont acquittés », s’est insurgé le père d’une autre victime.

Les jeunes « ultras » avaient activement participé à la révolte populaire qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak début 2011. Le soulèvement était notamment mené en protestation contre les violences policières. Depuis, la police est régulièrement soupçonnée de ne pas intervenir, sciemment, lors de heurts entre supporteurs, par vengeance. C’est ce qui s’est passé à Port-Saïd, selon les supporteurs d’Al-Masry et les avocats des jeunes accusés.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3102p001_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer