Politique économique

Transfert illicite de fonds : arrestations en série à Oran

| Par Jeune Afrique
Mis à jour le 09 juin 2015 à 17h52
Vue du Port d’Oran, en Algérie

Vue du Port d'Oran, en Algérie © Boumlik/Wikimedia Commons

La gendarmerie algérienne a procédé à une vague d’arrestations à Oran, dans le cadre d’une enquête sur un réseau d’importateurs soupçonnés d’être impliqués dans le transfert illicite de dizaines de millions d’euros.

Les autorités algériennes ont arrêté 17 personnes dans le cadre d’une tentative de transfert illicite de fonds, rapporte l’agence Reuters, citant la presse locale. Ces arrestations, réalisées à Oran, ont été rendues publiques le dimanche 7 juin. Selon le journal algérien El Watan, il s’agit de dix gérants d’entreprises d’import-export et de responsables de la Banque de développement local (BDL), de la Banque extérieure d’Algérie (BEA), de Société Générale et d’Arab Gulf Bank (AGB), de deux transitaires, d’un cadre de l’Agence nationale de développement de l’investissement (ANDI).

Les personnes arrêtées sont accusées d’avoir transféré illégalement 26 millions d’euros et 5 millions de dollars. Au moment de leur arrestation, elles étaient soupçonnées de planifier la sortie illicite de 124 millions d’euros au total.

Les services de sécurité algériens, en coordination avec Interpol, ont requis l’arrestation de plusieurs personnes basées à l’étranger et soupçonnées de faire partie d’un réseau visant à contourner les lois sur les importations et les transferts d’argent du pays, poursuit la même source.

Balance commerciale

L’enquête, menée par la gendarmerie nationale algérienne, aurait montré que des importations, réalisées grâce aux facilitations financières des quatre responsables d’agences bancaires incriminés, étaient sur-facturées et ne correspondaient pas aux normes.

Cette vague d’arrestations intervient alors que l’Algérie, confrontée à une baisse nette des revenus de ses ventes de pétrole en raison du recul du cours de l’or noir, est résolue à resserrer le contrôle sur les importations. En 2014, ces dernières ont atteint 58 milliards de dollars, soit un niveau quasi équivalent aux revenus tirés de la vente d’hydrocarbures.

Cette année, l’Algérie a annoncé une série de mesures pour maîtriser sa balance commerciale, devenue négative au premier trimestre 2015, pour la première fois au cours des récentes années. Le gouvernement compte notamment imposer des licences d’importation pour une vingtaine de produits dont la facture pèse lourdement dans la balance commerciale, comme le ciment et l’alimentation de bétail.

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