Elections

Burundi : pourquoi l’opposition rejette le projet de calendrier électoral

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 22 septembre 2015 à 14h40
Des manifestants anti-Nkurunziza à Musaga, le 29 mai 2015.

Des manifestants anti-Nkurunziza à Musaga, le 29 mai 2015. © Landry Nshimiye/AFP

Quelques heures après l’annonce de la proposition du nouveau calendrier électoral par la Ceni, l’opposition a posé mardi plusieurs conditions à l’organisation des prochains scrutins au Burundi.

Nouvel épisode dans la crise politique en cours au Burundi. Au lendemain de la proposition de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) fixant les législatives et communales au 26 juin et la présidentielle au 15 juillet, l’opposition burundaise a rejeté en bloc, mardi 9 juin, ce nouveau calendrier électoral.

La Ceni se veut pourtant rassurante. Selon son président, Pierre-Claver Ndayicariye, « le 26 juin est techniquement proposé pour l’élection des députés et des conseils communaux » qui doivent ensuite élire les sénateurs. Cette date « permettra d’organiser dans les délais l’élection des sénateurs [à la date proposée du 24 juillet] et de doter le Burundi d’un Parlement devant lequel prêtera serment le président élu en 2015 », comme l’exige la Constitution.

Enfin, « la date du 15 juillet est suggérée pour la tenue de l’élection présidentielle », conformément aux « recommandations du sommet de Dar es-Salaam qui parle d’un report des élections de 45 jours au moins », a poursuivi Pierre-Claver Ndayicariye.

Celui-ci rappelle également que le processus électoral comportait des « dates rouges », qualifiées de « boussoles pour la paix et la stabilité au Burundi » : les conseils communaux doivent être en place au plus tard le 8 juillet, le nouveau Parlement doit entrer en fonction au plus tard le 9 août, et le nouveau président élu être investi au plus tard le 26 août, date de la fin du mandat de Pierre Nkurunziza.

« Au-delà de ces dates, le Burundi tombera dans un vide institutionnel que personne ne souhaite dans cette salle », a-t-il lancé lors d’une réunion avec des représentants du gouvernement, du parti présidentiel CNDD-FDD et de ses alliés de la mouvance présidentielle, des confessions religieuses et devant les diplomates.

 

L’opposition pose trois conditions 

Mais l’opposition burundaise n’a pas attendu que la proposition de ce nouveau calendrier électoral soit validée par décret présidentiel pour la rejeter. Elle pose en effet des conditions avant toute organisation des scrutins dans le pays.

Charles Nditije, l’un de ses dirigeants, a notamment réclamé l’établissement d’une nouvelle Ceni, dont deux des cinq membres ont démissionné et quitté le pays. Il a également exigé le désarmement des Imbonerakure – les jeunes du parti au pouvoir – et l’abandon par le président Pierre Nkurunziza de sa volonté de briguer un troisième mandat, au cœur de la crise qui touche le Burundi depuis fin avril.

« On ne peut pas organiser des élections aujourd’hui si on ne s’assoit pas ensemble pour négocier la mise en place d’une nouvelle Ceni, si on ne se met pas ensemble pour négocier les conditions politico-sécuritaires de la tenue des élections, si on ne désarme pas les Imbonerakure, si Nkurunziza ne renonce pas à son troisième mandat », a-t-il affirmé.

« Les conditions ne sont pas là, donc il n’y aura pas d’élections qui puissent être crédibles et donner des résultats acceptables pour la population», a-t-il ajouté, soulignant que « si les choses restent en l’état, nous considérons que ce sera une mascarade, une parodie d’élections et l’opposition n’y répondra pas ».

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