Cinéma

Cinéma : Nollywood entre en Seine

Affiche du festival. © DR

Clap départ ! La troisième édition de la Nollywood Week de Paris, consacrée au cinéma nigérian, vient de démarrer le 4 juin.

Au programme, une douzaine de films vont être présentés durant les quatre jours de ce festival entièrement consacré aux productions cinématographiques nigérianes. Chaque projection sera suivie d’un débat en présence des acteurs et metteurs en scènes qui ont fait le déplacement depuis Lagos, pour tenter de comprendre un peu mieux ce phénomène qui touche aujourd’hui l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. "Pour la première fois, les Africains peuvent se retrouver dans des histoires africaines", explique Serge Noukoué, le directeur du festival, qui n’a aucun mal à trouver des films à projeter, l’industrie nigériane étant devenue en moins d’une décennie la plus prolifique au monde, juste derrière l’Inde, mais devant les États-Unis, avec plus de 2 000 titres produits par an. "Le secteur représente déjà 1 % du PIB du pays, avec 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires chaque année", précise Jason Njoku, dont la société de distribution de films en ligne, Iroko TV, a révolutionné le secteur, l’obligeant notamment à améliorer la qualité de ses productions. "Nous n’avons pas vraiment de difficulté à trouver l’argent. Le gros problème reste l’accès du public", estime le jeune trentenaire, déjà millionnaire.

>> Lire aussi : Nollywood : reportage au coeur du cinéma nigérian

Le Nigeria ne compte en effet qu’une vingtaine de salles de cinéma, "tout passe donc par l’internet via les smartphones", reprend celui qui a signé l’arrêt de mort du DVD avec sa plateforme d’abonnement, qui lui permet aussi bien de toucher l’Afrique que les diasporas établies en Europe ou en Amérique du Nord. Iroko TV revendique plus d’un million de connexions chaque mois, pour une filmothèque de plus de 5 000 films. Gagnant en maturité, Nollywood a étendu ses centres d’intérêts. Fini le triptyque original Amour, Action et Sorcellerie ! "Les films sont toujours fait pour divertir leur public, mais il y a davantage de mélodrames, d’histoires sombres, avec des aspects plus sociaux", constate Serge Noukoué, qui pour l’occasion à fait venir à Paris plusieurs têtes d’affiche comme OC Ukeje ou Lala Akindoju, véritables stars dans leur pays, tout comme l’acteur haïtien Jimmy Jean-Louis, dont le film "Jimmy goes to Nollywood" ouvre le festival.

Une pluie d’étoiles qui scintillent chaque année un peu plus sur Paris et sur l’Afrique francophone, dans la foulée de la Nollywood TV qui émet depuis un peu plus de deux ans. Cette chaîne intégrée dans le bouquet numérique Canal Plus Afrique attire chaque mois près de 1,8 millions de téléspectateurs à travers l’Afrique de l’Ouest, sans oublier les diasporas établies en région parisienne. Elle s’est d’abord alimentée en rachetant le catalogue d’un diffuseur sud-africain, avant de se lancer dans la co-production avec Iroko TV. "La bonne idée a été de doubler les films en français, car les histoires sont universelles", sourit Clémentine Tugendhat, la directrice de la chaîne, évidemment partenaire du festival. Le cinéma l’Arlequin, situé dans le VIe arrondissement de Paris et qui accueille l’événement, devrait faire salle comble puisqu’entre 4 000 et 5 000 personnes sont attendues pendant les trois jours pleins de projections, durant lesquelles sont également organisées des rencontres avec les professionnels français. Histoire que de plus en plus de monde aille à Nollywood.

 
 

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