Culture

« Au-dela », danse d’outre-tombe au Quai Branly

| Écrit par Séverine Kodjo-Grandvaux
Photo du spectacle.

Photo du spectacle. © Nicolas Guyot/www.baninga.org

La scène du Théâtre Claude-Lévi-Strauss du Musée du Quai Branly à Paris accueille, du 3 au 14 juin, « Au-delà », le spectacle de danse de du chorégraphe congolais DeLaVallet Bidiefono.

Une guerre civile, la toiture d’un marché qui s’effondre, un avion-cargo qui s’écrase, un dépôt de munitions qui explose… Le moins que l’on puisse dire, c’est que la vie n’est pas un long fleuve tranquille au bord de la rive droite du Congo. La mort y est omniprésente. "À Brazzaville, les tombes sont partout, la ville est elle-même un cimetière", prétendait en 2013 DeLaVallet Bidiefono lors de la présentation d’"Au-delà". Après une création au Festival d’Avignon (in), la tournée de ce spectacle tout en tension s’achève sur la scène du Théâtre Claude-Lévi-Strauss du Musée du Quai Branly, à Paris. Bruits de mitraillettes, bombardements, corps qui tressaillent, qui luttent, la danse toujours très tonique et percutante du chorégraphe congolais évoque la douleur de ceux qui restent et la joie des survivants.

Une fois n’est pas coutume, afin de "donner la parole aux sans-voix" et de "mettre des mots sur un tabou, celui de la mort", l’artiste a fait appel au dramaturge Dieudonné Niangouna. Un texte prononcé par une voix caverneuse "qui ouvre la porte de l’enfer", celle du chanteur Athaya Mokonzi, accompagné d’un batteur et d’un guitariste. Un dispositif dramatique qui ne parvient pas toujours à se hisser à la hauteur de la puissance des six interprètes.

Bande annonce du spectacle.

Reconstruction

À chaque instant, "la rage" qui anime Bidiefono, celle de constater, par exemple, que l’on dépense plus pour des funérailles que pour soigner des malades, façonne Au-delà comme elle guide la carrière d’un artiste qui vient d’ouvrir un espace culturel consacré à la danse à Kombé (Brazzaville). "Je veux donner un peu de vie à ces quartiers qui ont été ravagés pendant la guerre, explique-t-il. La reconstruction se fait aussi dans les esprits. Il est important de montrer que la danse, la culture peuvent nous permettre de vivre. Et surtout nous donnent la possibilité de grandir, de nous épanouir."

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3102p001_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer