Politique

Afrique du Sud : Jacob Zuma blanchi pour les travaux dans sa luxueuse villa

Mis à jour le 29 mai 2015 à 15:54

Jacob Zuma, accusé d’avoir agrandi sa luxueuse résidence privée aux frais des contribuables, a finalement été blanchi jeudi par son propre ministre de la Police. Le président sud-africain n’a donc rien à rembourser à l’État.

La sécurité du président sud-africain, Jacob Zuma, n’a pas de prix.  Accusé depuis 2012 d’avoir financé de grands travaux dans sa résidence privée sur le dos des contribuables de son pays, Jacob Zuma a été disculpé jeudi par son propre ministre de la Police.

Jacob Zuma avait été accusé d’avoir profité illégalement d’un chantier de 18 millions d’euros engagé pour améliorer la sécurité de son domaine de Nkandla, situé dans l’est du pays. La médiatrice en charge de veiller au bon usage des deniers publics, Thuli Madonsela, avait dénoncé en mars 2014 la construction d’une piscine, d’un amphithéâtre, d’un enclos à bétail, d’un poulailler et d’un centre d’accueil des visiteurs. Elle avait aussi engagé le président à "rembourser un pourcentage raisonnable des coûts".

>> Lire : Corruption : Thuli Madonsela, une justicière contre Zuma

Aucune limite à la sécurité du président

Pour sa défense, Jacob Zuma a toujours dit que les travaux lui avaient été imposés et qu’il ne pouvait être tenu responsable ni de la nature des aménagements, ni de la dérive des coûts.

Après avoir commandé plusieurs rapports sur la question, Jacob Zuma avait finalement mandaté le ministre de la Police, qu’il a lui-même nommé, pour juger l’affaire. Nathi Nhelko a conclu que tous les aménagements incriminés étaient bel et bien destinés à améliorer la sécurité du chef de l’État.

Selon le ministre de la Police, la piscine permet aux pompiers d’agir en cas d’incendie, la pression de l’eau étant trop faible dans la région. De plus, l’amphithéâtre sert de point de rassemblement en cas d’urgence. L’enclos à bétail et le poulailler ont été construits pour éviter que les animaux ne s’égarent près des systèmes de sécurité. "La principale considération était la sécurité du président… Il n’y aucune limite pour les montants à dépenser pour mettre à niveau la sécurité des résidences des président et vice-président en exercice ainsi que celles de leurs prédécesseurs", a-t-il relevé.

Vives réactions de l’opposition

Le scandale n’est pas terminé pour autant. Le chantier du domaine Nkandla coûtera encore plus cher puisque certains travaux ont été retardés en raison des enquêtes en cours.

Sur Twitter, le chef de l’opposition libérale, Mmusi Maimane, a déploré que cette enquête ait été confiée au ministre de la Police. Le nouveau chef de l’Alliance démocratique (DA) réclame toujours le remboursement total du président

Les Combattants pour la liberté économique (EFF, extrême-gauche) du leader populiste Julius Malema, en font une affaire de principe. 

En août 2014, l’EFF a chahuté le président sud-africain, l’obligeant à quitter le Parlement. Le débat risque de rebondir une énième fois au Parlement. Le scandale fait la une des journaux depuis trois ans.

>> Pour aller plus loin : Afrique du Sud : Jacob Zuma rattrapé par ses démons