Sport

Pape Diouf : « C’est le système Fifa qu’il faut casser »

Pape Diouf, ancien président de l'OM, à Marseille, en février 2014.

Pape Diouf, ancien président de l'OM, à Marseille, en février 2014. © Claude Paris/AP/SIPA

L’intense actualité autour de la Fifa depuis mercredi 27 mai, alors que l’instance organisait un Congrès à Zurich pour l’élection de son président, n’a pas surpris Pape Diouf, l’ancien président de l’Olympique de Marseille. Lequel espère que ces évènements permettront de casser un système bien organisé…

Jeune Afrique : Avez-vous été surpris par l’interpellation de plusieurs fonctionnaires de la Fifa mercredi par la police suisse à Zurich ?

Pape Diouf : J’ai été surpris par le timing. Mais rien de ce qui est arrivé ne m’étonne. Tous les initiés savent que la Fifa est une institution qui dispose d’un pouvoir énorme et de très gros moyens financiers, avec un président qui distribue des prébendes un peu partout. Mais je suis convaincu d’une chose : le problème à la Fifa n’est pas une question de personne, mais de système.

C’est-à-dire ?

Il y a un système qui perdure depuis la présidence de Joao Havelange (auquel Blatter a succédé en 1998, NDLR), et c’est ce système qu’il faut casser, démembrer. Depuis mercredi, je suis assez étonné d’entendre les moralisateurs et les pseudo-commentateurs être vent debout et crier haro sur le baudet ! Tout le monde savait ! Le système est global, et certains ont profité de ce système.

Vous pensez à Michel Platini, le président de l’UEFA, qui a demandé à Blatter de démissionner ?

Platini a osé défier Blatter. Mais il n’est pas allé au bout de son défi.

L’Afrique du Sud aurait acheté des voix pour organiser la Coupe du Monde 2010…

Mais il n’y a aucune raison pour que l’Afrique et les dirigeants du football africain échappent à cette gabegie générale ! Ce qui se passe dans d’autres confédérations peut très bien concerner l’Afrique. Il y a un système qui existe, dans lequel des dirigeants s’engouffrent et se complaisent. En 2002, c’était la guerre totale entre Blatter et Hayatou (candidat à la présidence de la FIFA, NDLR). Depuis, il y a eu des accords tacites. La CAF a décidé de soutenir Blatter comme un seul homme. Il y a des intérêts convergents…

Vous attendez-vous à une réélection de Blatter ce vendredi ?

Je le répète, le problème vient du système. La réélection de Blatter est presque une anecdote. Il y a 209 pays qui vont voter. Beaucoup sont assez largement acquis à Blatter. Ils n’ont sans doute pas envie de voir quelqu’un d’autre arriver à la tête de la Fifa…

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