Politique

Burundi : suspension du dialogue politique avant un sommet régional

| Par Jeune Afrique
Le président burundais, Pierre Nkurunziza, le 17 mai 2015 à Bujumbura.

Le président burundais, Pierre Nkurunziza, le 17 mai 2015 à Bujumbura. © Jerome Delay/AP/SIPA

Le dialogue politique s’arrêtera ce weekend, avec l’espoir que le sommet régional prévu dimanche en Tanzanie puisse dénouer la crise burundaise.

Les négociations, toujours bloquées autour de la question du troisième mandat du président Nkurunziza, sont suspendues. Le dialogue politique entre les parties de la crise burundaise s’arrêtera ce weekend, avec l’espoir que le sommet régional prévu dimanche en Tanzanie donne un nouveau souffle aux discussions, a indiqué vendredi l’ONU à Bujumbura.

Ce dialogue inclut des représentants de la société civile, des partis politiques, d’organisations religieuses mais aussi du gouvernement. Il s’est déroulé du 5 au 28 mai, a déclaré l’envoyé spécial de l’ONU, Said Djinnit, qui joue le rôle de facilitateur dans ces discussions, au côté de l’Union africaine (UA).

Six accords de principes

Six premières mesures ont fait l’objet d’un accord de principe, a expliqué Said Djinnit. Parmi elles, la réouverture des médias privés, la libération des personnes arrêtées pendant les manifestations, l’annulation des mandats d’arrêt contre les personnalités politiques et de la société civile, et le principe du glissement du calendrier électoral dans la limite des délais constitutionnels.

Mais les parties ne se sont pas mises d’accord sur deux derniers points, à savoir l’arrêt des manifestations et le retrait de la candidature de Nkurunziza, a reconnu le responsable.

>> Lire aussi : la galaxie Nkurunziza, ces hommes qui ont fait échec au coup d’État

L’UA mise sur le sommet de dimanche

Cette question devrait être abordée par les chefs d’État de la Communauté de l’Afrique de l’est (EAC), qui se réuniront dimanche à Dar es-Salam (Tanzanie). "Les parties ont décidé de reprendre leurs discussions après le sommet", a expliqué Said Djinnit, qui s’est dit convaincu que le sommet renforcera le dialogue inter-burundais et lui donnera "un nouveau souffle".

"Je ne peux pas préjuger de la décision du sommet, mais tout ce que je sais ce qu’ils s’en sont saisi", a poursuivi Said Djinnit. "Malheureusement le premier sommet s’est déroulé dans des conditions particulières compte tenu du coup d’État (au Burundi) pendant sa tenue", a rappelé l’envoyé de l’ONU.

>> Lire aussi : l’EAC convoque un nouveau sommet dimanche, Nkurunziza incertain

Nkurunziza de plus en plus isolé

Le Burundi est plongé dans une grave crise politique depuis l’annonce fin avril de la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat à la présidentielle du 26 juin. Le pouvoir fait face à des manifestations quotidiennes dans les rues de Bujumbura. En un mois, les violences ont fait plus d’une trentaine de morts. Des élections législatives et communales, déjà repoussées de dix jours sous la pression de la communauté internationale, sont prévues le 5 juin, dont la tenue parait néanmoins compromise.

L’Église catholique a annoncé jeudi son retrait du processus électoral et l’UE a suspendu sa mission d’observation, jugeant que les conditions actuelles ne permettent pas la tenue d’élections crédibles. Mercredi, l’opposition avait jugé impossible la tenue des élections en raison du désordre et de l’insécurité dans le pays, appelant la communauté internationale à ne pas cautionner un hold-up électoral au risque d’une prévisible guerre civile.

(Avec AFP)

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte