Cinéma

Sous la pression, un cinéaste franco-algérien se retire d’un festival israélien

| Par Jeune Afrique
Le cinéaste franco-algérien Lyès Salem, le 11 octobre 2014 au festival du cinéma de Saint-Jean-d

Le cinéaste franco-algérien Lyès Salem, le 11 octobre 2014 au festival du cinéma de Saint-Jean-d © Iroz Gaizka/AFP

Le cinéaste a expliqué son geste par la réaction hostile des autorités algériennes et des militants de la cause palestienne.

La pression aura été trop forte. Le cinéaste franco-algérien Lyès Salem a annoncé dimanche qu’il renonçait à ce que son film L’Oranais soit diffusé dans le cadre du festival d’Ashdod, en Israël. En cause : une réaction hostile des autorités algériennes et une pression des militants de la cause palestinienne.

"J’ai demandé aux responsables du festival d’Ashdod de retirer le film de la programmation de l’évènement prévu pour se dérouler du 8 au 11 juin", a donc annoncé le cinéaste, dans une lettre publiée par le quotidien El Watan. L’Oranais est une fresque historique qui raconte la désillusion de deux amis ayant fait  ensemble la guerre d’Algérie, mais dont les chemins se séparent après l’indépendance.

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Condamnation des autorités algériennes …

Lyes Salem a expliqué avoir dans un premier temps accepté l’invitation parce qu’il a eu peut-être "la naïveté de penser que l’art et la culture peuvent encore faire bouger les lignes" politiques au Proche-orient. Avant d’ajouter n’avoir jamais envisagé de se déplacer personnellement à Ashdod, ville israélienne située à une quarantaine de kilomètres de la bande de Gaza.

En Algérie, l’Agence pour le rayonnement culturel, dépendant du ministère de la Culture, avait vigoureusement critiqué l’annonce de la programmation du film à Ashdod. "Nous condamnons vigoureusement (…) cette participation qui va à l’encontre de la position politique de l’Algérie, qui n’a pas de relation avec Israël", avait alors écrit l’Agence dans un communiqué publié par la presse.

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… et des militants de la cause palestinienne

Dans sa lettre, le cinéaste franco-algérien explique par ailleurs s’être mis en relation avec des artistes palestiniens avant l’annonce de son retrait. "Si je suis profondément convaincu que l’on peut boycotter beaucoup de choses mais pas la culture, je me range de leur côté parce que malgré toutes les nuances que je pourrais apporter, c’est tout d’abord à leur camp que j’appartiens", conclut-il.

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a salué la décision du cinéaste qui selon lui "dénote d’un professionnalisme et d’une prise de conscience des conséquences pouvant découler d’une telle participation". Une projection du film à Ashdod aurait affecté "la sensibilité des Algériens, qui vouent un attachement indéfectible à la cause palestinienne". Lyès Salem rejoint ainsi la longue liste d’artistes à avoir boycotté Israël, de Salif Keita à Lauryn Hill, en passant par Roger Waters.

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(Avec AFP)

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