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Burundi : la Ceni a fait une proposition de report des scrutins à Nkurunziza

| Par Jeune Afrique
L’opposition à un 3e mandat de Pierre Nkurunziza ne faiblit pas.

L'opposition à un 3e mandat de Pierre Nkurunziza ne faiblit pas. © Jerome Delay/AP/SIPA

À trois jours de ce qui doit être le début des élections générales et en pleine contestation contre le président Pierre Nkurunziza, le Burundi vit toujours au rythme des rumeurs de report des scrutins. La Ceni a redonné mardi la responsabilité de la décision à la présidence.

"Nous avons fait une proposition technique à la présidence, qui reste dans le respect des délais constitutionnels. Nous attendons une décision de la présidence", a déclaré le porte-parole de la Commission électorale nationale (Céni), Prosper Ntahorwamye. Dimanche, les chefs d’État d’Afrique de l’Est, réunis en sommet à Dar es-Salaam, avaient demandé un report d’au moins un mois et demi de la séquence électorale.

>> Lire aussi "Burundi : pourquoi le sommet de Dar es-Salaam ne règle rien"

Celle-ci est censée débuter vendredi 5 juin avec des législatives et des communales. Selon le calendrier officiel, une présidentielle est prévue le 26 juin, et des sénatoriales le 17 juillet. Mais leur tenue est plus que compromise. Des manifestations quasi-quotidiennes secouent la capitale, Bujumbura, pour contester la candidature du président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, à un troisième mandat.

De nombreux affrontements ont eu lieu avec la police qui fait un large usage de ses armes à feu. Plus d’une trentaine de personnes ont été tuées et, à l’exception du camp présidentiel, tous les acteurs de la crise et partenaires internationaux ont jugé la tenue des élections aux dates prévues impossible et exigé leur report.

Obstacles insurmontables ?

Les obstacles paraissent en effet quasi-insurmontables : la défection la semaine dernière de deux des cinq commissaires de la Ceni, le retrait de l’Eglise catholique et de l’Union européenne, le boycott de facto de l’opposition, l’impossibilité d’émettre pour la quasi-totalité des médias privés et indépendants depuis le début de la crise.

La mobilisation des manifestants est restée assez limitée mardi et les rassemblements dans les habituels quartiers contestataires étaient très localisés, alors que les leaders du mouvement promettaient une mobilisation maximum. Il s’agissait pour eux de réaffirmer leur présence dans les rues après le sommet régional de Dar es-Salaam, décevant à leurs yeux car ne s’étant pas prononcé publiquement sur la candidature de Pierre Nkurunziza.

La police, omniprésente, est intervenue immédiatement à coups de grenades lacrymogènes et de tirs de sommation pour disperser tout groupe suspect. Les leaders des manifestants cherchent toutefois toujours à fatiguer le pouvoir en place, à l’amener à comprendre que la situation est intenable. Les États-Unis ont en outre de nouveau mis en garde mardi contre une candidature de Pierre Nkurunziza, considérant qu’elle menacerait gravement la stabilité du pays.

La Ceni assure continuer la distribution des cartes électorales

Pour autant, la Ceni assure continuer à travailler, selon son porte-parole. Elle a entamé le 25 mai en province la distribution des cartes d’électeurs pour les 3,8 millions d’inscrits sur les listes électorales. "Les activités se déroulent globalement bien, dans la capitale comme en province", a affirmé le porte-parole de la Céni, qui n’a cependant pas précisé combien de cartes ont été distribuées à ce jour.

(Avec AFP)

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