Justice

Gouvernement israélien : Ayelet Shaked, la beauté vénéneuse

Ses propos outranciers lui valent une volée de critiques. © Tsafrir Abayov/AP/SIPA

Elle hait les Palestiniens, veut expulser les immigrés subsahariens... Bref, la ministre israélienne de la Justice est une peste.

Pouvait-elle rêver plus fulgurante ascension ? En deux ans de carrière politique comme députée à la Knesset, voilà la ravissante Ayelet Shaked propulsée jusqu’à l’une des plus hautes fonctions du gouvernement israélien. Sous la pression du parti auquel elle appartient, le Foyer juif, considéré comme le porte-drapeau des colons de Cisjordanie, le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, s’est résigné à faire de cette ingénieure en informatique de 39 ans sa nouvelle garde des Sceaux.

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Un choix très décrié, l’intéressée s’étant signalée par des prises de position radicales, parfois peu conformes aux canons de la démocratie. Première cible d’Ayelet Shaked : la Cour suprême, plus haute instance judiciaire du pays, dont elle ambitionne de limiter les pouvoirs en interférant dans la nomination des juges. Deuxième cible : "le peuple palestinien", qu’elle considère "tout entier comme un ennemi", y compris les enfants, qu’elle qualifie de "serpents".

Troisième cible de celle qui prône l’annexion pure et simple de la Cisjordanie : les droits des Arabes israéliens, menacés par un projet de loi sur la nationalité, qu’elle défend. Elle n’affiche pas plus de compassion à l’égard des réfugiés subsahariens, dont elle réclame l’expulsion. "Elle est dangereuse", résume le quotidien Haaretz à propos de cette ultranationaliste qui vit à Tel-Aviv avec ses deux enfants et son mari, pilote de chasse dans l’armée.

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Sexisme

Pour ses détracteurs, Shaked n’est qu’un avatar de l’extrême droite. Sur les réseaux sociaux, elle a déjà été représentée en uniforme SS, et un ancien ministre est allé jusqu’à la comparer "aux très belles femmes du IIIè Reich". "Sa mentalité n’est pas différente de celle de Hitler", a renchéri le dirigeant turc, Recep Tayyip Erdogan.

Mais les attaques sexistes dont elle fait par ailleurs l’objet, similaires à celles qu’avait endurées Sarah Palin – l’ancienne colistière du républicain John McCain, aux États-Unis -, lui ont valu le soutien inattendu de Zehava Gal-On, présidente du parti d’extrême gauche Meretz : "Je m’oppose à Ayelet Shaked. Mais quand on la traite ainsi, en tant que femme, je suis à ses côtés."

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