Politique

Rwanda : le Parlement se penchera bientôt sur la question du troisième mandat de Kagamé

Paul Kagamé. © Vincent Fournier/J.A.

Le Parlement dit avoir reçu plus de deux millions de demandes de la population pour réviser la Constitution de 2003. Objectif : permettre à Paul Kagamé de se représenter en 2017.

Paul Kagamé pourra-t-il se représenter en 2017 ? Le Parlement rwandais devrait débattre avant septembre d’une modification de la Constitution lui permettant de briguer un troisième mandat.

"Nous avons reçu autour de deux millions de demandes de la population pour la révision de l’article 101 de la Constitution portant sur la limitation du nombre de mandats présidentiels", a déclaré Donatilla Mukabalisa, présidente de la Chambre des députés.

Un troisième mandat interdit par la constitution de 2003

Selon Donatilla Mukabalisa, ces demandes affluent depuis plusieurs mois au Parlement sous la forme de pétitions spontanées. "Elles émanent d’individus, de groupes d’individus ou d’associations qui envoient des lettres ou se présentent en personne", a expliqué Mme Mukabalisa.

>> Lire aussi : Paul Kagamé : "Nul ne peut nous dicter notre conduite"

Les deux chambres composant le Parlement – toutes deux dominées par le parti au pouvoir FPR (Front patriotique rwandais) – se prononceront sur les suites à donner à ces pétitions entre le 5 juin et le 4 août, a précisé la présidente de la chambre des députés.

Kagamé homme de fer du pays depuis la fin du génocide

La Constitution rwandaise limite à deux le nombre de septennats présidentiels et interdit donc en l’état à Paul Kagame, élu en 2003 et en 2010, de se représenter une troisième fois. Ce dernier est au pouvoir depuis que sa rébellion du FPR a mis fin au génocide de 1994 qui, selon l’ONU, a fait environ 800 000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie.

Vice-président et ministre de la Défense après le génocide, il tenait déjà alors les rênes du pays, avant d’être élu président par le Parlement en 2000 puis au suffrage universel en 2003 avec 95% des voix sous le régime de l’actuelle Constitution, et réélu tout aussi triomphalement (93%) en 2010. Il est crédité des nombreuses avancées du Rwanda depuis le génocide, mais est accusé par l’opposition d’étouffer toute voix discordante.

(Avec AFP)

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