Vie des partis

Gouvernement marocain : Mohand Laenser, l’insubmersible

Mohand Laenser, alors ministre de l'Intérieur, à Rabat en octobre 2013. © Hassan Ouazzani/J.A.

Le 20 mai, Mohammed VI a nommé cinq nouveaux ministres à la place de ceux qui ont démissionné. Parmi eux, Mohand Laenser, l'indéboulonnable secrétaire général du Mouvement Populaire.

Quelques heures avant son voyage au Sénégal, première escale d’une tournée africaine qui doit le conduire aussi en Côte d’Ivoire, au Gabon et en Guinée Bissau, Mohammed VI a finalisé un remaniement ministériel qui traînait depuis deux semaines. Le 20 mai, cinq nouveaux ministres ont été nommés à la place de ceux qui ont démissionné pour des motifs qui ont défrayé la chronique : polygamie, achat abusif de chocolat et mauvaise gestion d’un championnat de foot…

Il s’agit d’Abdelaziz El Omari, membre du Parti justice et développement (PJD) nommé ministre des Relations avec le Parlement et la société civile en remplacement de Lahbib Choubani. Jamila El Moussali, membre du PJD aussi, a été nommée ministre déléguée auprès du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres, à la place de Soumia Benkhaldoun.

Mohand Laenser, secrétaire général du Mouvement populaire (MP) et actuel ministre de l’Aménagement du territoire et de l’urbanisme, a été confirmé en tant que ministre de la Jeunesse et des Sports, poste dont il assurait l’intérim depuis le départ de son collègue Mohamed Ouzzine en janvier dernier. Et c’est Driss Merroun, son collègue au parti, qui a repris le département de l’Urbanisme à sa place.

Quant au poste de ministre délégué auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, il est revenu à Khalid Barjaoui, membre du MP.

Doyen de la vie politique

Les nouveaux ministres sont peu ou pas connus du public, sauf Mohand Laenser. À 73 ans, il défie le temps, après s’être promené dans presque tous les gouvernements du Maroc depuis 1981. Successivement ministre des Postes et Télécommunications, de l’Agriculture, de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, il a même été ministre d’État sans portefeuille sous Abbas El Fassi. "Il adore le pouvoir et sa docilité à toute épreuve lui a toujours garanti une longévité ministérielle", témoigne un analyste politique.

Visage impassible, Laenser ne s’emporte jamais, et place soigneusement ses mots. Nul doute qu’il s’agit de l’héritage de l’instinct de survie qui a animé son enfance, dans les montagnes hostiles de la région d’Imouzzer Marmoucha, petit village amazigh de 35 000 habitants où il est né dans le Moyen Atlas. Il a toujours de très grandes attaches avec cette région. Depuis 1983, il a successivement été président de cette commune, ensuite parlementaire et enfin président de région.

Diplômé de l’École nationale de l’administration publique (Enap), il a été repéré par l’ancien secrétaire général du MP, Mahjoubi Aherdane, qui lui a ouvert les portes du gouvernement, ainsi que celles du parti. En 1986, il participe à un putsch contre son mentor, à l’époque en froid avec le Palais, et finit par prendre sa place à la tête du parti. Il est toujours secrétaire général depuis, déjouant toutes les tentatives de déstabilisation, et devenant ainsi un des doyens de la vie politique au Maroc.

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