Politique

Burundi : au moins deux personnes tuées à Bujumbura à la suite d’une explosion de grenades

Les manifestations se sont poursuivies vendredi à Bujumbura. C’est l’un des rassemblements les plus importants depuis le début, le 26 avril, de la contestation populaire au Burundi. Et en début de soirée, trois grenades ont explosé au centre-ville de la capitale. Au moins deux personnes ont été tuées.

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Mis à jour le 22 mai 2015 à 20:11

Des manifestants le 21 mai à Musaga. © Carl de Souza/AFP

Mis à jour à 19h59.

Au moins deux femmes ont été tuées lors de l’explosion des trois grenades, vendredi 22 mai, au centre-ville de Bujumbura. Selon des témoins, les deux victimes vendaient des fruits à l’ancien marché de la capitale burundaise. Il y aurait aussi des blessés.

Matériel électoral brûlé

Dans la journée, plusieurs milliers de personnes hostiles au président Pierre Nkurunziza ont défilé à Bujumbura, la capitale du Burundi. Les manifestants ont brûlé du matériel électoral et des affrontements avec les forces de l’ordre ont été signalés.

Rassemblée sur l’une des principales avenues du quartier, la foule des manifestants a avancé vers le quartier voisin de Ngagara, d’où militaires et policiers ont tenté, sous les jets de pierres, de les repousser en tirant en l’air, rapporte l’AFP. Après avoir été un moment débordés, militaires et policiers ont tendu en travers de la rue des fils de fer barbelés face au cortège qui s’étendait sur plusieurs centaines de mètres.

Des manifestants ont pillé un camion de bouteilles de bières garé sur le bas-côté, distribuant la précieuse marchandise sous les cris de joie. De gros cailloux, un pneu, ou encore des planches jonchaient par endroits la chaussée, vestiges des barricades de fortune un moment érigées par les manifestants. C’est l’un des rassemblements les plus importants depuis le début de la contestation populaire, le 26 avril, contre un troisième mandat du président Nkurunziza.

>> Lire aussi : la galaxie Nkurunziza, ces hommes qui ont fait échec au coup d’État

Le patron d’un média privé devant la justice

Plus tôt dans la journée, Innoncent Muhozi, le patron de Radio-Télé Renaissance, média privé détruit durant le coup d’État manqué au Burundi, a été entendu par le parquet. Convoqué dans le cadre de la tentative de push, il est ressorti libre après quatre heures d’interrogatoire.

Renaissance, comme les radios RPA (la plus écoutée du pays), Insanganiro et Bonesha, n’émettent plus depuis la destruction de leurs locaux et d’une partie de leur matériel durant la tentative de coup d’État. Les 13 et 14 mai, elles avaient relayé l’annonce de la destitution du président Pierre Nkurunziza par le chef du putsch, le général Godefroid Nyombare.

Matériel électoral brûlé

Selon la Commission électorale burundaise (Ceni), des manifestants ont brûlé jeudi du matériel électoral destiné aux scrutins législatifs et communaux de début juin. Selon le porte-parole de la Céni, Prosper Ntahorwamiye, l’incident – le premier de ce genre depuis le début fin avril des manifestations d’opposition au président – est survenu dans la commune de Mukike, dans la province de Bujumbura rural, qui jouxte la capitale Bujumbura au Sud.

"Les manifestants ont arrêté une voiture qui acheminait des isoloirs et des urnes destinés à la commune de Kanyosha de Bujumbura rural lorsque la foule s’en est pris à ce véhicule", a expliqué le porte-parole.

Deux soldats qui accompagnaient le personnel de la Céni ont alors tiré en l’air pour tenter de les disperser, en vain, a-t-il poursuivi. "Tout le matériel a été brûlé", a ajouté le porte-parole, précisant que personne n’avait été blessé.

(Avec AFP)