Politique

Madagascar : le président Hery proche de la destitution

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Mis à jour le 27 mai 2015 à 09:55

À une très large majorité, les députés malgaches ont voté mardi soir la destitution du président Hery Rajaonarimampianina, accusé notamment d’avoir violé la Constitution. Il appartient désormais à la Haute cour constitutionnelle du pays, réputée proche du pouvoir, de se prononcer sur le sort du chef de l’État.

S’achemine-t-on vers une nouvelle crise politique dans la Grande Île ? Le 26 mai au soir, des députés malgaches ont voté, par 121 voix contre 4 (soit 20 de plus que les deux tiers requis), la déchéance du président Hery Rajaonarimampianina, soupçonné d’avoir violé la Constitution.

Il lui est reproché entre autres : le non-respect de la séparation du pouvoir entre exécutif et législatif, le non-respect du délai de promulgation des lois, l’ingérence dans les affaires de l’Assemblée nationale, l’obstacle à l’instauration d’une commission électorale indépendante, la menace de dissolution de l’Assemblée nationale…

"[Hery Rajaonarimampianina] est déclaré officiellement que la soumission à la Haute Cour constitutionnelle de la requête de mise en déchéance du président est acceptée par tous", a annoncé officiellement le président de l’Assemblée Jean Max Rakotomamonjy après le dépouillement du vote des députés.

Dans une Assemblée composée de 151 élus, la majorité des deux tiers requise a été en effet largement dépassée. Mais c’est la Haute Cour constitutionnelle, dont le président a été nommé par le chef de l’État, qui doit désormais se prononcer sur le bien fondé de la destitution de ce dernier.

Hery au pouvoir depuis fin 2013

L’élection démocratique – la première depuis 2006 – d’Hery Rajaonarimampianina en décembre 2013 avait laissé croire que Madagascar pourrait enfin sortir de la très grave crise politique et économique dans laquelle elle était plongée depuis le renversement du président Marc Ravalomanana par le maire d’Antanarivo Andry Rajoelina, en 2009.

Expert-comptable de formation, Rajaonarimampianina avait promis à la population une vie meilleure. Et il avait promis d’agir vite. Il avait été élu avec le soutien d’Andy Rajoelina, battant le candidat de Ravalomanana, Robinson Jean-Louis. Mais il a rapidement pris ses distances avec son mentor, se retrouvant sans base politique.

S’il a su renouer avec les bailleurs de fonds étrangers qui avaient tourné le dos au pays après le coup de force de 2009, ses détracteurs et la société civile lui reprochent son inertie, ses tâtonnements et son inefficacité.

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(Avec AFP)