Économie

Perspectives économiques : la BAD appelle à « libérer le potentiel des économies locales »

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Mis à jour le 26 mai 2015 à 13:15

Le rapport « Perspectives économiques en Afrique 2015 », impulsé par la Banque africaine de développement, appelle les États du continent à mobiliser le potentiel « immense et largement inexploité » de leurs territoires.

Selon Perspectives économiques en Afrique 2015, un rapport rédigé par la Banque africaine de développement (BAD), le centre de développement de l’OCDE et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la croissance des économies africaines, qui a atteint 3,9 % en 2014, devrait être de 4,5 % cette année et de 5 % en 2016, « surpassant la plupart des autres régions […] et convergeant ainsi avec les taux observés en Asie ».

Prudent, le rapport, publié le 25 mai à l’occasion des Assemblées annuelles de la BAD organisées à Abidjan (Côte d’Ivoire), rappelle que « le tassement des cours du pétrole et des matières premières, les incertitudes à l’échelle mondiale, les conséquences de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’ouest et l’instabilité de la vie politique intérieure pourraient retarder le retour prévu au niveau de la croissance d’avant 2008 ».

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Pourtant, poursuit le document, cette croissance positive n’impacte pas les populations dans de nombreux pays africains et les taux de pauvreté « demeurent obstinément élevés tandis que les progrès de la santé, de l’éducation et des revenus sont inégaux ». À ces difficultés présentes s’ajoutent les nombreux challenges à venir.

Entre 2010 et 2050, les États africains compteront une main d’oeuvre supplémentaire de 910 millions de personnes (830 millions de plus en Afrique subsaharienne). Mieux : au cours des 15 prochaines années, 370 millions de jeunes entreront sur le marché du travail en Afrique subsaharienne. Cette croissance démographique nécessitera, non seulement, « de créer beaucoup d’emplois et d’opportunités d’épargne et d’investissement », mais « conjuguée au changement climatique, [elle] exercera des pression accrues sur les ressources naturelles telles que l’alimentation, l’eau et la terre », note le rapport.

« Les économies africaines pourraient tirer parti de la mobilisation du potentiel immense et largement inexploité de leurs divers territoires. Si l’on place les personnes et les lieux au centre de l’élaboration des politiques, on peut améliorer la compétitivité de l’Afrique et le bien-être de ses habitants », estime Mario Pezzini, directeur du centre de développement de l’OCDE.

Le rapport appelle l’Afrique à « mettre en œuvre des politiques transsectorielles, par exemple en diversifiant les économies rurales et en les reliant aux villes, par le biais des chaînes de valeur et des corridors commerciaux. Mais aussi en mobilisant le financement intérieur, en développant les transports et les communications et en investissant dans les services sociaux de base ».

Investissements

En plus de leurs ressources internes, les pays africains peuvent tirer profit des investissements directs étrangers (IDE) en hausse. Tirés par la Chine, ils devrait atteindre 73,5 milliards de dollars cette année. Pékin est aussi le deuxième partenaire commercial des pays africains après l’Union européenne. Ce rapport évoque par ailleurs le rôle prépondérant des entreprises sud-africaines sur tout le continent, devançant leurs consoeurs marocaines et nigerianes.

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Découvrez le rapport « Perspectives économiques en Afrique 2015 » à travers cette infographie

 

 Par Baudelaire Mieu (à Abidjan) et Joël Té-Léssia