Sécurité

Burkina Faso : que sait-on de l’enlèvement d’un Roumain par Al-Mourabitoune ?

Un combattant jihadiste à Gao, dans le nord du Mali, en juillet 2012. © Issouf Sanogo/AFP

Le rapt de Iulian Gherghut, un officier de sécurité roumain enlevé le 4 avril à Tambao, dans le nord du Burkina Faso, a été revendiqué par Adnan Abou Walid Sahraoui, un cadre du groupe terroriste Al-Mourabitoune.

Qui est Iulian Gherghut ?

Iulian Ghergut est un agent de sécurité roumain de 39 ans. Il était responsable de la sécurité de la mine de manganèse de Tambao, à l’extrême nord du Burkina Faso, près de la frontière avec le Mali et le Niger, lorsqu’il a été enlevé. Cette exploitation est la propriété de Pan African Minerals (PAM), une des sociétés de Frank Timis, un homme d’affaires australo-roumain qui a fait fortune dans les mines et le pétrole en Afrique de l’Ouest.

Selon les médias roumains, Iulian Ghergut a travaillé dans différents pays africains avant d’arriver au Burkina Faso. Décrit comme un bon connaisseur des questions de sécurité, il aurait un temps servi dans la Légion étrangère française.

Quand a-t-il été enlevé ?

Le samedi 4 avril au matin, Iulian Ghergut effectue une patrouille aux abords de la mine de Tambao. Avec lui, dans le 4×4, son chauffeur et un gendarme burkinabè. Ils sont alors attaqués par cinq hommes armés et enturbannés, arrivés à bord de pick-up Toyota. Le gendarme et le chauffeur sont blessés par les tirs des assaillants. Ghergut, lui, est enlevé.

Les ravisseurs prennent ensuite la direction de la frontière nigérienne. Leur trace ne sera jamais retrouvée, malgré des opérations de recherches menées par les forces de sécurité burkinabè, maliennes, nigériennes et françaises.

Qui sont ses ravisseurs ?

Après de longues semaines sans nouvelles ni revendication, un chef jihadiste de la région a envoyé le 19 mai un enregistrement audio au site mauritanien Al-Akhbar pour revendiquer le rapt de Iulian Ghergut. Dans ce communiqué en arabe, Adnan Abou Walid Sahraoui, un cadre d’Al-Mourabitoune, le groupe terroriste de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, "appelle le gouvernement roumain à accorder une attention sérieuse aux négociations au sujet de la libération de l’otage détenu par le groupe".

À la fin de son message, Adnan Abou Walid Sahraoui réaffirme par ailleurs son allégeance à l’État islamique (EI), qu’il avait déjà proclamée la semaine dernière au nom d’Al-Mourabitoune. Cette déclaration avait poussé Mokhtar Belmokhtar, habituellement très prudent et peu bavard, à publier à son tour un communiqué pour démentir cette information et réaffirmer son appartenance à la mouvance Al-Qaïda. Une scission est donc aujourd’hui perceptible au sein d’Al-Mourabitoune. Et il y a fort à parier que Sahraoui voit en son otage roumain une monnaie d’échange qui lui permettrait de renforcer ses moyens ou d’asseoir sa notoriété.

Qui gère le dossier ?

C’est la première fois que les autorités burkinabè sont confrontées à l’enlèvement d’un Occidental sur leur territoire. N’ayant pas d’ambassade à Ouagadougou, le gouvernement roumain a mis en place une cellule de crise supervisée par le ministère des Affaires étrangères.

"Il faut oublier les Roumains, les Français, ou encore les Américains : seuls les Burkinabè ont les capacités pour gérer cette situation délicate", estime pour sa part un membre de la direction de Pan African Minerals. Son souhait a visiblement été entendu, puisque le dossier a été confié aux responsables du puissant régiment de sécurité présidentielle (RSP), qui ont la main haute sur les services de renseignement nationaux. Le général Gilbert Diendéré, ancien chef d’état-major de Blaise Compaoré, qui dispose d’un solide carnet de contacts régionaux, est notamment en première ligne pour tenter d’obtenir la libération de Iulian Ghergut.

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