Elections

Vers une « force d’interposition » au Burundi ?

Une manifestante anti-Nkurunziza à Musaga, le 18 mai 2015.

Une manifestante anti-Nkurunziza à Musaga, le 18 mai 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

Dans un « appel urgent » datant du 18 mai dont « Jeune Afrique » a pu se procurer une copie, Sylvestre Ntibantunganya et Domitien Ndayizeye, deux anciens chefs d’État burundais, ainsi que plusieurs membres de l’opposition et de la société civile demandent le déploiement d’urgence d’une « force d’interposition » dans le pays.

Ils étaient quatre pour la première lettre aux chefs d’État de la sous-région, ils ne sont plus que deux pour la seconde. Pierre Buyoya et Jean-Baptiste Bagaza n’ont pas en effet signé "l’appel urgent" datant du 18 mai adressé par deux autres anciens présidents du Burundi – Sylvestre Ntibantunganya et Domitien Ndayizeye – aux chefs d’État de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC), de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et de la Comesa.

Joint au téléphone par Jeune Afrique, Sylvestre Ntibantunganya se veut rassurant : "Ils n’ont pas signé parce qu’ils n’étaient pas géographiquement joignables". Autrement dit, il n’y aurait pas de discordance de vue. Au contraire." Pour cette deuxième lettre, nous sommes même rejoints par des représentants des partis politiques d’opposition, ceux de la société civile et les déléguées du Mouvement des femmes et filles burundaises, qui étaient conviées au dernier sommet extraordinaire de l’EAC à Dar es-Salaam", explique celui qui a dirigé le Burundi entre 1994 et 1996.

Que réclament-ils ?

1. Pas de troisième mandat pour Nkurunziza. D’entrée, les signataires considèrent que " la dernière tentative de coup d’État du 13 mai 2015 est venue aggraver la situation" au Burundi.

Ils espéraient que le sommet de l’EAC, court-circuité par le putsch, allait "convaincre le président Nkurunziza de respecter scrupuleusement les prescrits de l’accord d’Arusha" : ne pas briguer un troisième mandat.

>> Lire aussi l’interview de Pacifique Nininahazwe : "On ne peut négocier que le renoncement de Nkurunziza"

2. Arrêt des violences. Dénonçant un "contexte de black out total" dans le pays, après l’incendie des radios privées qu’ils attribuent "aux forces loyalistes appuyées par la milice Imbonerakure" (la jeunesse du CNDD-FDD, parti au pouvoir), ils appellent à l’arrêt immédiat des exécutions extrajudiciaires, des arrestations arbitraires et des autres violations massives des droits humains en cours selon eux.

3. Force d’interposition. Les deux chefs d’État, les opposants et les membres de la société civile signataires exigent également le déploiement d’une "force d’interposition" au Burundi. "Une force destinée à dissuader tout ce qui pourrait porter atteinte à la sécurité de la population burundaise", explique Sylvestre Ntibantunganya.

"La région et la communauté internationale se doivent d’être vigilantes lorsque l’on connaît l’histoire de la sous-région", avertit l’ex-président, faisant allusion notamment au génocide rwandais de 1994 au cours duquel "le monde n’avait pas agi avec l’urgence qu’il fallait".

4. Report des élections et réouverture des radios privées. Les signataires réitèrent enfin leur appel au report des scrutins législatifs, communaux (26 mai) et présidentiel (26 juin). "L’environnement politico-sécuritaire actuel ne permet pas la tenue des élections" au Burundi, écrivent-ils, soulignant également la nécessité de "rétablir dans l’immédiat le fonctionnement des différents organes de presse" dans le pays.

>> Lire l’intégralité de l’appel urgent <<

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