Société

Netanyahou revient sur l’interdiction des autobus israéliens aux travailleurs palestiniens

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a ordonné mercredi de suspendre une mesure tout juste entrée en vigueur. Celle-ci interdisait aux Palestiniens de Cisjordanie occupée allant travailler en Israël de rentrer chez eux par les mêmes bus que ceux empruntés par les Juifs.

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Mis à jour le 20 mai 2015 à 14:04

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. © Atef Safadi/AP/SIPA

"Cette proposition est inacceptable pour le Premier ministre. Il a parlé ce matin avec le ministre de la Défense et il a été décidé de geler la proposition", a déclaré mercredi 20 mai un responsable sous le couvert de l’anonymat.

Réclamée par le lobby des colons depuis des années, cette loi défendue par Moshé Yaalon, le ministre de la Défense, avait suscité une très vive controverse dès l’annonce de son entrée en vigueur. Prévue comme un projet-pilote s’étalant sur trois ans, elle disposait que les Palestiniens venant travailler en Israël à partir des quatre points de contrôle de Cisjordanie (Rayhan, Hala, Elyahu, Eyal) ne pourraient retourner chez eux qu’en passant par le même endroit. Et que les bus israéliens leur seraient interdits.

Cette mesure visait, selon le ministre de la Défense, à accroître la sécurité. Mais la radio de l’armée avait fait savoir que les militaires s’y opposaient, car elle pouvait entraîner une augmentation des attentats si les bus israéliens étaient amenés à ne transporter que des Juifs.

Régime d’apartheid

Mordehaï Yogev, un député du "Foyer juif", parti nationaliste religieux membre de la majorité du Premier ministre Benjamin Netanyahou qui milite pour la colonisation, avait expliqué à la radio publique qu’il menait depuis trois ans une campagne avec d’autres représentants des colonies pour interdire aux Palestiniens l’accès aux autobus israéliens. "À leur retour du travail, les Palestiniens remplissaient les autobus si bien qu’il n’y avait plus de place pour les Israéliens. De plus, les femmes israéliennes, notamment les soldates, étaient souvent victimes d’agressions sexuelles", accusait Mordehaï Yogev.

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Des ONG avaient dénoncé de leur côté une mesure sans précédent dans la ségrégation et le maintien d’un "régime d’apartheid" en Israël. Beaucoup pointaient du doigt une concession du gouvernement aux colons, qui pèsent lourd dans sa majorité.

La mesure a été rendue publique, puis retoquée le jour même de la visite de la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini en Cisjordanie et en Israël.

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(Avec AFP)