Politique

Burundi : la « sécurité règne », assure Nkurunziza dans un discours à la nation

Le président Pierre Nkurunziza a rassuré mercredi ses compatriotes lors d’un discours diffusé sur les médias d’État burundais. Il a fustigé les manifestations qui ont eu lieu pendant la journée à Bujumbura et mis en garde les journalistes, coupables selon lui de lancer des appels à la haine et à la division.

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Mis à jour le 21 mai 2015 à 09:45

Le président burundais Pierre Nkurunziza le 17 mai 2015 à Bujumbura. © Carl de Souza/AFP

Pour la troisième fois depuis l’échec du putsch militaire l’ayant visé le 13 mai, le président Pierre Nkurunziza s’est adressé le 20 mai à la nation pour assurer que "la paix et la sécurité règnent sur 99,9% du territoire burundais".  Le mouvement "d’insurrection" actuel n’est "signalé que dans quatre quartiers de la mairie de Bujumbura uniquement", a-t-il souligné, dans sa déclaration diffusé à la radio-télévision publique (RTNB). Il est "intimement lié (au) coup d’État manqué", a-t-il réaffirmé.

Le président a également mis "en garde" les médias locaux et internationaux "qui tenteraient de diffuser des informations de nature à semer la haine et la division entre Burundais et à jeter le discrédit sur le Burundi ou encourager des mouvements d’insurrection surtout pendant cette période électorale".

Peu avant ce discours, la présidence avait annoncé le report du 26 mai au 5 juin des élections législatives et communales, première étape d’élections générales avec en point d’orgue la présidentielle du 26 juin.

Cette décision a été prise pour "répondre aux demandes" de l’opposition et sous la pression de la communauté internationale, qui juge impossible la tenue de ces élections dans le contexte de tension actuelle, alors que la capitale Bujumbura connaît depuis le 26 avril un vaste mouvement de contestation populaire contre une candidature de Nkurunziza à un troisième mandat, avec des violences quasi-quotidiennes qui ont fait plus d’une vingtaine de morts. 

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Les manifestations se poursuivent à Bujumbura

Des responsables de l’opposition et de la société civile, en pointe dans la contestation anti-troisième mandat, ont balayé cette annonce d’un revers de main. "Ce report n’aura aucun effet, car la question fondamentale, celle du troisième mandat, reste posée", a réagi Vital Nshimirimana, l’une des figures du mouvement. "Le Burundi ne peut pas organiser des élections libres, transparentes et apaisées d’ici le 5 juin, c’est impossible".

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(Avec AFP)