Bourse

Bourse de Casablanca : le retrait du promoteur immobilier CGI divise le marché

Un scandale est à l'origine du retrait des titres de la Compagnie générale immobilière de la Bourse de Casablanca. © Hassan Ouazzani pour J.A.

Introduit à un cours de 952 dirhams en 2007, le titre du promoteur immobilier CGI sera radié de la Bourse de Casablanca à un prix d'à peine 725 dirhams. Une moins-value qui pourrait lourdement affecter certains porteurs du titre, à commencer par l'assureur RMA Watanya.

Dernière ligne droite pour le retrait de la Compagnie générale immobilière (CGI) de la Bourse de Casablanca, amorcé en octobre 2014. Après des mois de tergiversations, le conseil déontologique des valeurs mobilieres (CDVM) a validé le lundi 18 mai le projet d’Offre publique de retrait (OPR) de la compagnie immobilière. Une offre qui sera menée par CDG développement, actionnaire de référence de la CGI et bras armé de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) dans les métiers de l’immobilier et de l’aménagement territorial.

L’OPR vise le flottant du titre en bourse (9,9 %) et les parts détenues par l’assureur RMA Watanya (8,5 %), soit un total de 18,4% du capital. Fixée à 725 dirhams l’action, l’offre devra ainsi coûter au groupe CDG pas moins de 2,4 milliards de dirhams (217,6 millions d’euros), si tous les actionnaires minoritaires décident d’apporter leurs titres à l’OPR. Ce qui pourrait ne pas être le cas, à bien analyser les premières réactions du marché.

Victimes

Le prix proposé pour cette OPR est en effet inférieur de 23,84 % au prix d’introduction du titre CGI (952 dirhams) à la Bourse de Casablanca en août 2007. Et reste très loin des cours atteints entre 2009 et 2010. Selon un sondage lancé sur le forum Bourse-Maroc, 26 % des petits porteurs ont acquis le titre à un coût moyen pondéré dépassant les 2 000 dirhams, quand 16 % d’entre eux déclarent un coût compris entre 1 000 et 2 000 dirhams.

« Je pense que le nombre de victimes du retrait de la CGI sera largement supérieur à celui des victimes du projet d’Al Hoceima », explique un petit porteur, faisant allusion à l’affaire de Madinat Badès. Un scandale immobilier qui a entraîné le limogeage de hauts responsables de la CGI ainsi que de sa maison-mère la CDG et qui a servi à justifier la radiation du titre de la Bourse de Casa.

>>>> Lire aussi – Maroc : grandeur et décadence de la CDG 

Autre victime de ce projet de retrait : Othman Benjelloun. Le magnat marocain de la finance avait acquis en mars 2010, via la compagnie d’assurance RMA Watanya, 8,5 % du capital de la CGI à un prix de 1 937 dirhams, soit 267 % du prix de l’OPR. Chez RMA Watanya, on ne souhaite pas commenter ce projet d’OPR et tout porte à croire que la compagnie n’apportera pas ses titres à l’opération.

Pas d’objection

Dans le communiqué annonçant la recevabilité du projet, le gendarme du marché bourser estime que « les méthodes utilisées pour l’évaluation du titre relèvent de critères objectifs, significatifs et multiples ». Ces critères, ajoute le CDVM, sont « pertinents, usuellement retenus et correspondent aux caractéristiques de la société visée ».

Même son de cloche du côté du ministère de l’Économie et des Finances, initiateur de cette radiation, qui n’a manifesté, selon le CDVM, aucune objection au projet. Confiée aux cabinets de conseil Mazars et Ernst & Young et associés, la valorisation du titre CGI a débouché sur une fourchette comprise entre 432 et 524,2 dirhams. « CDG Développement a fait un effort en augmentant le prix de l’offre à 725 dirhams. Un prix qui est largement supérieur à la valeur réelle de l’entreprise », commente une source au CDVM. Un argument valable peut-être, mais qui ne convainc pas tout le monde.

>>>> Voir aussi –  Le ras-le-bol des petits porteurs de la Bourse de Casablanca

Par Mehdi Michbal, à Casablanca

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