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Angela Davis : « La violence policière raciste trouve ses racines dans l’esclavage »

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Mis à jour le 11 mai 2015 à 12:51

Angela Davis, figure américaine de la lutte pour les droits civiques des Africains-Américains, est présente à Nantes, dans l’Ouest de la France, jusqu’à mardi pour commémorer l’abolition de l’esclavage dans ce pays.

Nantes, premier port négrier de l’histoire française, a accueilli dimanche 10 mai Angela Davis, figure du mouvement africain-américain de la lutte pour les droits civiques, afin de célébrer la "Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition".

Quelque 300 personnes, dont Johanna Rolland, la maire socialiste de la ville, ont jeté des pétales de roses dans la Loire. La foule s’est ensuite dirigée vers le Mémorial de l’abolition de l’esclavage, érigé en 2011 sur les bords du fleuve, au cœur de la ville, d’où partaient les expéditions négrières. Selon le site du Mémorial, ces dernières furent au nombre de 1 714 pour la seule ville de Nantes.

"Les séquelles de l’esclavage"

"Aux Étas-Unis, nous n’avons pas encore réussi à établir une journée pour commémorer l’esclavage et son abolition", a déclaré Angela Davis. "C’est très important pour moi d’être ici pour témoigner du fait que l’histoire a des conséquences que nous ressentons encore aujourd’hui et que, de pas mal de façons, nous ressentons encore aujourd’hui les séquelles de l’esclavage", a-t-elle ajouté.

"La violence policière raciste, non seulement aux États-Unis mais aussi ici en France, trouve ses racines dans l’esclavage", a assuré l’icône du Black Power. Angela Davis restera jusqu’à mardi à Nantes, où elle visitera notamment le musée de la ville, dont les salles consacrées à la traite des esclaves.

À Brest, une sculpture de dix mètres de haut inaugurée

D’autres villes de l’Ouest de la France commémoraient également l’abolition de l’esclavage. À Brest, c’est une sculpture de dix mètres de haut baptisée "Mémoires" qui a été inaugurée dimanche sur le port, à l’initiative de l’association finistérienne Mémoires des esclavages.

L’œuvre en acier a été sculptée par l’artiste quimpérois Marc Morvan et imaginée dès 1998 par Max Relouzat, militant associatif, descendant d’esclaves martiniquais. "Je me suis battu pendant des années pour que cette sculpture voit le jour, ça été la galère pour trouver un lieu où l’installer, à l’époque, l’esclavage, c’était tabou", a expliqué ce dernier.

Les deux masques représentés par l’oeuvre regardent l’un le continent européen, le second les quatre autres continents. Ils "représentent l’universalité des mémoires de l’esclavage", selon lui. "Il ne s’agit pas de rester dans le passé de la traite négrière transatlantique. Aujourd’hui, 128 millions d’enfants sont esclaves dans le monde, (…) cette oeuvre est d’une grande modernité", a estimé M. Relouzat.

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(Avec AFP)