Vie des partis

Afrique du Sud : qui est (vraiment) Mmusi Maimane, le leader noir du « parti blanc » ?

Mmusi Maimane est le premier Noir à la tête de Democratic Alliance (DA). © Gianluigi Guercia/AFP

À 34 ans, Mmusi Maimane a été élu dimanche à la tête de l'Alliance démocratique (DA), première force d'opposition en Afrique du Sud et considérée par le pouvoir comme un "parti blanc". Une ascension fulgurante pour un jeune homme parti de Soweto. Mais qui est-il vraiment ?

Natif de Dobsonville, homme d’affaires et philanthrope

Mmusi Maimane est né le 6 juin 1980 à Dobsonville, un township de Soweto, épicentre de la lutte anti-apartheid. Ses parents y vivent encore. Mais le garçon, diplômé en psychologie et titulaire de deux maîtrises – une en administration publique et une en théologie – a préféré poser ses valises depuis quelques années à Johannesburg.

Mais "c’est à Soweto qu’il a passé l’essentiel de sa vie, insiste-t-on sur le site internet de l’Alliance démocratie (DA, première force d’opposition en Afrique du Sud). Par le sacrifice, le travail acharné et la volonté de saisir les opportunités qui lui étaient offertes, il a construit une impressionnante carrière dans les affaires et s’est également consacré aux diverses actions communautaires."

Polyglotte et éloquent – en dehors de l’anglais il parle couramment sept langues nationales sud-africaines -, Mmusi Maimane est avant tout un entrepreneur (il a notamment créé une société de conseil en gestion ). Mais cela ne lui a pas empêché de soutenir quelques ONG engagées notamment dans la lutte contre le VIH, selon la DA.

Dix ans de mariage et #DASexScandal

Et à Johannesburg, on peut souvent apercevoir Mmusi Maimane en train de prêcher à Liberty Church. C’est même dans cette église évangélique que les chemins du pasteur ont croisé fin des années 90 ceux de Natalie, son épouse qui est Blanche. Deux enfants – une fille et un garçon – sont nés de leur mariage qui fête cette année ses noces d’étain.

Mmusi et Natalie Maimane, le jour de son élection à la tête de DA

© Gianluigi Guercia/AFP

Début mai pourtant, le site sud-africain News24 affirme avoir reçu un mail anonyme faisant étant d’un scandale sexuel au sein de DA. "Des hommes prenaient leurs collègues féminins comme des jouets sexuels", selon l’auteure de la dénonciation qui dit avoir été elle-même une victime de ce "passe-temps favori" de ses camarades masculins du parti. Celui-ci dément. Trop tard, la twittosphère sud-africaine s’enflamme : hashtag DASexScandal. Obligeant la femme de Mmusi Maimane de monter au créneau pour réaffirmer sa confiance à son homme sur le même réseau social.

Parmi les hommes les plus stylés d’Afrique du Sud

Dans l’entourage politique de Mmusi Maimane, le démenti est également formel. Celui que l’on surnomme affectueusement le "Barack Obama de Soweto", cité parmi les 50 hommes les plus stylés d’Afrique du Sud en 2014 par la version sud-africaine du magazine GQ, n’aurait rien à voir avec le prétendu scandale sexuel au sein de sa formation politique.

>> Lire aussi : Mmusi Maimane, le Barack Obama de l’Alliance démocratique ?

Déçu de l’ANC et protégé de Helen Zille

Lui qui se bat contre la politique du président Jacob Zuma qu’il n’hésite pas à le traiter publiquement de “voleur” et de “corrompu”. Mmusi Maimane, dont les parents se reconnaissent encore dans les idées du Congrès national africain (ANC), est en effet un déçu de ce parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis 1994.

Une déception qui atteint son paroxysme avec la démission forcée le 21 septembre 2008 de Thabo Mbeki, alors président de la République. Ce dernier, soupçonné d’interférences politiques dans l’instruction judiciaire d’une affaire de corruption dans laquelle Jacob Zuma serait impliqué, était désavoué par l’ANC, après le prononcé d’un non-lieu par la justice sud-africaine.

L’année suivante, Mmusi Maimane décide de rejoindre la DA. Helen Zille, alors leader de cette formation politique longtemps considérée comme "parti blanc", le prend sous son aile. En 2001, c’est lui qui est désigné tête de liste de sa formation politique aux municipales à Johannesburg.

Et en 2014, l’étoile montante de DA gravit une autre étape en se présentant aux élections provinciales dans la même circonscription. La même année, il devient le chef du groupe parlementaire de son parti à l’Assemblée nationale, et de surcroît, chef de l’opposition sud-africaine. Rien ne semble ajourd’hui pouvoir arrêter l’ascension du jeune loup de la politique sud-africaine.

>> Lire aussi : Mmusi Maimane, premier Noir élu à la tête du principal parti de l’opposition 

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte