Justice

RDC : Mathieu Ngudjolo Chui, le premier acquitté de la CPI, expulsé des Pays-Bas vers Kinshasa

Le Congolais Mathieu Ngudjolo Chui. © Michael Kooren/AP/SIPA

Acquitté des charges de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI) le 27 février 2015, le Congolais Mathieu Ngudjolo Chui a été expulsé des Pays-Bas, qui ont refusé sa demande d'asile. Alors qu'il craignait pour sa sécurité, il a atterri à Kinshasa dans la soirée de lundi.

Mis à jour à 17h26.

Ses avocats ne se faisaient guère d’illusion : la demande d’asile du Congolais Mathieu Ngudjolo Chui a été refusée par le Conseil d’État néerlandais. Il a donc été expulsé des Pays-Bas vers la RDC, lundi 11 mai, une dizaine de jours après la décision de justice.

>> Lire aussi notre article : "RDC : que faire de Mathieu Ngudjolo Chui, l’acquitté indésirable de la CPI ?"

Escorté du centre de rétention de l’aéroport de Schipol, où il était détenu jusque-là, le premier acquitté de la CPI a été conduit à Bruxelles par les autorités des Pays-Bas afin d’embarquer dans un avion pour Kinshasa, sous la surveillance de six agents, trois Belges et trois néerlandais.

Après avoir tenté, en vain, de déposer une dernière demande d’asile en Belgique, le Congolais a été embarqué, menotté, selon son avocat Me Kilenda, dans un vol pour Kinshasa, où il a débarqué dans la soirée et où il a aussitôt rencontré un représentant du Parquet congolais. "Ils l’ont conduit ensuite à l’auditorat militaire et à l’état-major de l’armée où ils ont procédé à son identification, comme il est un ancien militaire", explique Me Georges Kapiamba, conseil de Mathieu Ngudjolo basé à Kinshasa.

Installé par les autorités dans un hôtel du boulevard du 30 juin, il a été visité dans les heures qui ont suivies par un responsable de l’Agence nationale de renseignement (ANR), qui lui a demandé de "rester tranquille", selon les propos de son avocat. "Il n’y a pour le moment aucun problème de sécurité. Tout s’est bien passé", conclut prudemment Me Kilenda.

"Je serai soit exécuté, soit emprisonné à vie"

Lors de sa demande d’asile, Mathieu Ngudjolo Chui avait fait part aux autorités néerlandaises de doutes concernant sa sécurité s’il était expulsé en RDC, en expliquant qu’il avait été acquitté sur la base d’un document évoquant l’implication du cabinet du président Joseph Kabila dans les faits qui lui étaient reprochés. Il avait également déposé une demande de visa humanitaire en Suisse, également refusée.

"Je sais malheureusement qu’une fois arrivé à Kinshasa, je serai soit exécuté, soit emprisonné à vie, dans tous les cas persécuté sous diverses formes", expliquait notamment le Congolais dans ses différentes requêtes. Lambert Mende, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, avait alors réagi pour Jeune Afrique : "Il n’a rien à craindre en RDC. (…) C’est nous qui l’avons livré à la CPI. Si nous souhaitions qu’il disparaisse, pourquoi ne l’aurions-nous pas fait disparaître à l’époque ?"

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