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Cet article est issu du dossier «Spécial start-up : en attendant la success-story»

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Économie

Mohamed Frikha montre l’exemple

| Par Jeune Afrique
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L’entrepreneur tunisien, fondateur du concepteur de logiciels Telnet, revient sur les raisons de son succès.

Vous ne trouverez pas de baisse de régime dans la carrière de Mohamed Frikha. à peine diplômé de Polytechnique et de l’École nationale supérieure des télécommunications (Paris), en 1988, il est embauché chez Alcatel, l’équipementier télécoms français, où il passe un an à suivre un programme réservé aux futurs dirigeants. Puis, à 27 ans, il est chargé de la mise en place d’un centre de développement de logiciels à Tunis. « Un gros challenge, reconnaît-il. Cette expérience m’a montré qu’il était possible de travailler dans les technologies depuis la Tunisie. Je dois beaucoup à la confiance qu’on m’a accordée chez Alcatel. » Et plus encore à l’influence de son père. Chef d’entreprise, c’est ce dernier qui le convainc de monter sa propre affaire.

En 1994, Alcatel est obligé de réduire la voilure en Tunisie pour des raisons politiques. Mohamed Frikha ne laisse pas passer l’occasion. Il crée Telnet, une société de services qu’il décrit comme un « relais de transfert des nouvelles technologies entre l’Occident et le Maghreb ». Forte de sept ingénieurs, l’entreprise commence avec la mise au point d’un logiciel embarqué, avant de se diversifier dans les télécoms, puis l’avionique, l’automobile, les cartes à puce…

« Flair »

Moins de vingt ans plus tard, après une introduction en Bourse réussie, Telnet a réalisé un chiffre d’affaires de 33,9 millions de dinars tunisiens en 2011 (17,4 millions d’euros) et emploie 600 ingénieurs. Il compte parmi ses clients des sociétés comme Safran, Valeo, Thomson ou encore Ingenico. Un développement entièrement autofinancé, « pour ne pas devenir otage », explique Mohamed Frikha.

Parmi les facteurs qui expliquent sa réussite, le patron insiste particulièrement sur les principes et l’éthique. Avant de rappeler que le « flair » et le sens du risque y sont pour beaucoup : « Une fois qu’on a la conviction et la détermination, il faut aller très vite. » Mais celui qui a même créé une compagnie aérienne, Syphax Airlines, prévient que ce qu’il a fait dans les années 1990 dans les nouvelles technologies ne serait plus possible aujourd’hui : « à l’époque, il y avait une fenêtre d’opportunité à saisir avant que la concurrence internationale ne devienne ultracompétitive. Maintenant, il faut créer des grands projets au sein d’un pays avant d’être compétitif à l’international, et c’est là que nous avons besoin de l’État. Car les technologies, c’est aussi l’avenir de notre jeunesse, surdiplômée et sous-employée. »

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