Politique

Al-Qaïda : nouvelles révélations sur la traque de Ben Laden

| Par Jeune Afrique
Oussama Ben Laden, chef d’Al-Qaïda, tué en mai 2011.

Oussama Ben Laden, chef d'Al-Qaïda, tué en mai 2011. © AFP

Après la parution d’un article démentant la version livrée par la Maison-Blanche concernant la mort de Ben Laden, d’anciens responsables pakistanais ont révélé l’existence d’une taupe américaine dans les services de renseignement de leurs pays.

Alors qu’une nouvelle polémique a surgi le 11 mai concernant la mort de Ben Laden, deux anciens responsables pakistanais ont fait de nouvelles révélations, mardi 13 mai. Un ex-agent des services de renseignement pakistanais aurait aidé les États-Unis à traquer Oussama Ben Laden, affirment-ils, écartant la thèse d’une coopération officielle entre les deux pays dans cette affaire.

Ces déclarations interviennent juste après la publication aux États-Unis d’un article écrit par le journaliste Seymour Hersh. Son enquête [article en anglais] affirme que les États-Unis ont menti sur les conditions dans lesquelles le chef d’Al-Qaïda a été tué en 2011 dans le nord du Pakistan. Depuis sa publication, ses révélations sucitent la polémique.

Rôle crucial du transfuge pakistanais

Dans son article, publié par la London Review of Books, Seymour Hersh affirme notamment que Washington avait prévenu le Pakistan à l’avance du raid éclair des forces spéciales américaines fatal à Ben Laden. Une thèse catégoriquement réfutée lundi par la Maison Blanche, répétant qu’Islamabad n’en avait été informé qu’après coup.

Mardi, une source militaire pakistanaise, occupant un poste à haute responsabilité dans l’armée à l’époque des faits, a déclaré qu’un ancien membre des services de renseignements pakistanais, très informé et énergique, avait eu un rôle crucial dans la traque américaine de Ben Laden.

« Cet homme n’a été impliqué qu’à un stade avancé, juste pour faire des vérifications de terrain. Les États-Unis avaient besoin d’une confirmation qu’ils n’auraient pu obtenir sans l’aide d’un responsable local », a-t-il expliqué. Depuis, ce transfuge s’est installé aux États-Unis, selon cet ancien haut-gradé.

>> Lire aussi : États-Unis : la mort de Ben Laden au cœur d’une nouvelle polémique

« Il est devenu une taupe des Américains »

Cette information recoupe partiellement des informations livrées par le journaliste Seymour Hersh. L’enquêteur s’appuie en effet sur une source américaine indiquant qu’un ex-membre des services de renseignement pakistanais avait de lui même approché la CIA en 2010. Et avait promis à l’agence de la mener à Ben Laden.

Mais selon l’ancien responsable militaire pakistanais interrogé par l’AFP, si un transfuge pakistanais a bien aidé la CIA à vérifier des informations sur le terrain, il ignorait que Ben Laden était la cible principale de cette recherche.

Un autre ancien responsable pakistanais, Hamid Gul, ex-chef du principal service de renseignement du pays, l’ISI, a confirmé à l’AFP l’existence de ce transfuge. « La récompense était trop importante, il est devenu une taupe des Américains qui les a aidés à planifier leur opération », a-t-il indiqué.

>> Lire aussi : L’homme qui a tué Ben Laden raconte le raid d’Abbottabad au Pakistan

Des révélations du journalistes démenties

Dans son article, Seymour Hersh va bien plus loin. Il affirme que les Américains avaient appris que Ben Laden était clandestinement prisonnier des autorités pakistanaises, qui comptaient s’en servir pour empêcher Al-Qaïda de continuer à commettre, avec les rebelles talibans locaux, de sanglants attentats au Pakistan.

Selon Seymour Hersh, Washington a ensuite convaincu Islamabad de monter un faux raid clandestin pour tuer Ben Laden afin de doper la popularité du président Barack Obama et permettra aux Pakistanais de dire qu’ils n’avaient rien à voir avec cet assassinat. Interrogés par l’AFP, les deux anciens responsables ont démenti tout arrangement de la sorte.

Le Pakistan a toujours nié toute implication dans la mort de Ben Laden. Sollicitées mardi, les autorités pakistanaises n’ont pas fait de commentaires sur le sujet. Cette affaire y est toujours nimbée de mystère, nombre d’observateurs doutant que le sommet de l’État ou de l’armée n’aient pas été au courant que Ben Laden se cachait dans le pays, ou du projet du raid des forces spéciales américaines, à défaut de savoir quelle en était la cible.

Ben Laden a été tué le 2 mai 2011 à Abbottabad (nord), dans une maison qu’il habitait apparemment depuis cinq ans et située à quelques centaines de mètres de la principale académie militaire du Pakistan, ce qui a contribué à nourrir les soupçons de jeu trouble de l’armée.

(Avec AFP)

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