Politique

Algérie : Louisa Hanoune, connivence zéro

Mis à jour le 14 mai 2015 à 15:27

La secrétaire générale du Parti des travailleurs fustige sans relâche la corruption de certains membres du gouvernement algérien. Osé…

Alors que l’enchaînement en Algérie des procès liés aux scandales de corruption (autoroute Est-Ouest, Sonatrach, Khalifa) donne le tournis, Louisa Hanoune poursuit sa campagne contre l’"oligarchie" qui gravite autour du cercle présidentiel.

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"Trente pour cent des membres du gouvernement sont corrompus", a lâché mercredi 6 mai la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT). Véritable dame de fer, cette ex-détenue politique est la première femme à diriger un parti (­trotskiste, de surcroît) dans le pays et a été trois fois candidate à la présidentielle.

Ses têtes de Turc ? La ministre de la Culture, Nadia Labidi, celui de l’Industrie et des Mines, Abdeslam Bouchouareb, et celui de la Santé, Abdelmalek Boudiaf. La première, réalisatrice et propriétaire d’une maison de production, est accusée de conflit d’intérêts, de malversations et de détournement de subventions publiques.

"Elle se comporte en délinquante, en chef de bande", persifle Louisa Hanoune. Peu convaincue par les démentis de la ministre, elle la met même au défi de porter plainte.

"Félon"

Le deuxième se voit reprocher, avec des mots durs, d’octroyer des marchés à ses amis affairistes et d’empocher une partie des bénéfices. Le troisième, qualifié de "félon", aurait accordé un marché d’importation d’accélérateurs pour traitement de cancers au président du Forum des chefs d’entreprises (FCE), Ali Haddad. Louisa Hanoune est également très virulente contre ce dernier.

"On le trouve partout, enrage la secrétaire générale du PT. Dans les travaux publics, la pharmacie, la communication, la diplomatie. Il reçoit les ambassadeurs, critique les politiques et veut que l’État lui ouvre tous les secteurs."

Évidemment, la croisade de cette femme au profil singulier, qui vit en concubinage et n’a pas d’enfants, ne laisse pas indifférent. Fehla ("baroudeuse") ou démago, Louisa Hanoune ? Quoi qu’il en soit, elle revendique elle-même son statut de bête noire des "oligarques" de Bouteflika…