Politique

États-Unis : Ce qu’il faut savoir de la visite de John Kerry au Kenya

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La première visite de John Kerry vise à réchauffer les relations entre le Kenya et les États-Unis avant la visite de Barack Obama en juillet prochain.   

Sa visite était très attendue. Le secrétaire d’État américain John Kerry est arrivé dimanche 3 mai au Kenya avec plusieurs objectifs et un impératif : réchauffer les relations entre le Kenya et les États-Unis avant le premier déplacement présidentiel de Barack Obama en juillet prochain.

Une visite annoncée fin mars après des mois de tensions diplomatiques entre les deux pays. "Il s’agit de renforcer et d’approfondir la relation que nous avons avec le Kenya", a d’ailleurs plaidé auprès de l’AFP un diplomate américain.

Tour d’horizon des enjeux du déplacement de John Kerrry, qui s’est entretenu lundi avec le président kényan Kenyatta :

 

Préparer la visite de Barack Obama en juillet

Si Barack Obama s’est déjà rendu au Kenya, pays de naissance de son père, il n’a encore jamais foulé le sol kényan en tant que président. En 2013, il avait d’ailleurs évité le pays lors de sa tournée africaine. En cause : les poursuites de la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité à l’encontre du président Uhuru Kenyatta. Des charges finalement abandonnées en décembre 2014 faute de preuves, levant ainsi l’obstacle géopolitique à une tournée américaine.

Selon certains éditoriaux américains, l’absence de visite officielle trouve aussi des explications plus personnelles. Lors des deux campagnes présidentielles, les opposants de l’ancien sénateur démocrate avaient abondamment utilisé la nationalité kényane du père de Barack Obama à des fins électorales, rappelle le New York Times. Ces rumeurs avaient pris de telles proportions que Barack Obama avait dû publier un extrait d’acte de naissance pour certifier qu’il n’était pas né au Kenya, mais à Hawaï.

"Pour sa septième année à la Maison Blanche et avec sa dernière élection dernière lui, Barack Obama a décidé d’embrasser son héritage en se rendant sur la terre de son père", estime donc le quotidien américain.

Développer les relations économiques

La visite de John Kerry a également pour but de renforcer les liens économiques avec le Kenya. D’autant que le pays hébergera en juillet le sommet mondial de l’entrepreneuriat. L’événement, qui rassemblera plus de 1 000 entrepreneurs et de nombreux décideurs économiques, recevra également la visite du président américain.

L’enjeu économique est de taille pour les États-Unis : le pays pointe en troisième position des échanges commerciaux avec le continent africain, largement distancé par la Chine et l’Union européenne. Uhuru Kenyatta n’a d’ailleurs pas manqué de dérouler le tapis rouge aux entreprises américaines : "Mon gouvernement veut voir davantage de compagnies américaines investir au Kenya", a-t-il indiqué sur Twitter, en marge de sa rencontre avec John Kerry.

Droits de l’homme et la lutte contre le terrorisme

Autre grand sujet au menu des discussions : la lutte contre le terrorisme, un mois après l’attaque sanglante de l’université de Garissa. Après avoir déposé une gerbe en l’honneur des victimes de l’attentat, John Kerry a assuré que les États-Unis et tous leurs alliés avaient "le pouvoir de contre-attaquer". "Nous regardons comment nous pouvons apporter un soutien supplémentaire aux efforts du Kenya pour combattre les Shebab", avait auparavant affirmé un diplomate américain à l’AFP.

Ce combat contre le terrorisme suscite de vives critiques. De nombreuses organisations de la société civile dénoncent les abus commis au nom de la sécurité nationale. Conséquence, le secrétaire d’État a également promis de soulever les préoccupations des États-Unis "en matière de droits de l’homme et de démocratie". Ce qui n’a pas retenu le vice-président kényan, William Ruto, d’affirmer que les homosexuels n’ont pas leur place dans le pays. "Nous ne tolérerons pas l’homosexualité dans notre société (…). Il n’y a pas de place pour l’homosexualité dans ce pays. Cela, je peux vous l’assurer", a-t-il affirmé dimanche lors d’une messe.

Ce programme chargé n’a pas empêché John Kerry de faire une incartade dans un orphelinat d’éléphanteaux, immortalisée par un selfie très populaire sur les réseaux sociaux. 

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