Politique

Burundi : samedi de « trêve » dans les rues de Bujumbura

Les rues de Bujumbura ont retrouvé samedi un semblant de normalité, à la faveur d’une « trêve » d’une journée des opposants à un troisième mandat du président burundais, dont les manifestations ont fait au moins dix-huit morts depuis deux semaines.

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Mis à jour le 9 mai 2015 à 16:20

L’armée tente de calmer les manifestants en périphérie de Bujumbura, le 8 mai 2015. © Phil Moore/AFP

Dans les quartiers les plus touchés par les manifestations, la population s’efforçait notamment d’assurer un approvisionnement de base qui a été très perturbé depuis la fin avril. A Cibitoke, les passants devaient se frayer un chemin entre les restes des barricades érigées au fil des jours autour de deux containeurs bloquant la rue principale. Dans le quartier de Nyakabiga, les barricades dégagées la veille par la police étaient de nouveau en place.

"Aujourd’hui, c’est une journée de trêve mais nous reprendrons demain, comme on nous l’a demandé", a expliqué à l’AFP un des manifestants de ces derniers jours.

Vendredi soir, le "Collectif contre un 3e mandat" du président Pierre Nkurunziza avait annoncé une trêve des manifestations d’une journée pour "permettre à la population de s’approvisionner mais aussi d’enterrer nos morts de la semaine".

"Les manifestations reprendront dimanche, avec plus de vigueur après le dépôt de la candidature du président", avait affirmé Pacifique Nininahazwe, un des dirigeants du Collectif.

Le président burundais a officiellement déposé vendredi sa candidature à la présidentielle du 26 juin, sourd à la protestation de la rue et à la pression internationale croissante pour qu’il renonce à un troisième mandat, jugé inconstitutionnel par ses adversaires. En arrivant à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) à Bujumbura, le chef de l’État a promis que les manifestations lancées le 26 avril et devenues, selon lui, une "insurrection", seraient "maîtrisées d’ici peu". Les élections vont "bien se dérouler", a-t-il aussi assuré.