Politique

Burundi : les autorités ordonnent l’arrêt immédiat des manifestations

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Mis à jour le 9 mai 2015 à 19:06

Les autorités burundaises ont ordonné samedi « l’arrêt immédiat et sans condition » des manifestations et le « déblayage » sous 48 heures de toutes les barricades érigées au Burundi, selon un avis du Conseil national de sécurité (CNS) lu par les ministres de la Défense et de la Sécurité publique.

La candidature à la présidentielle du président Pierre Nkurunziza qui brigue un troisième mandat que ses adversaires jugent inconstitutionnel, a déclenché le 26 avril un mouvement de contestation émaillé de violences qui ont déjà fait au moins 18 morts. Le CNS "commande aux manifestants et aux organisateurs de cette insurrection d’arrêter, immédiatement et sans condition aucune, ce mouvement d’insurrection" et aux "Corps de défense et de sécurité de libérer les voies de communication – routes, avenues, allées – jusqu’alors barricadées par les insurgés", selon la décision officielle.

Il y est précisé que "ce travail doit être fait dans les 48 heures qui suivent la publication de la présente communication", samedi, "aussi bien (dans) la commune de Bujumbura que (dans) les communes touchées de l’intérieur du pays".

Il est demandé "aux populations (…) de rester à l’intérieur de leurs parcelles au cours de ces opérations de déblayage de leurs quartiers, hormis les personnes qui seront en mouvement vers les lieux de travail ou pour effectuer des courses ménagères", selon le texte lu à la presse par les ministres de la Défense, le général Pontien Gaciyubwenge, et de la Sécurité publique, Gabriel Nizigama.

Le CNS appelle également les forces de défense et de sécurité, "seules autorisées à assurer la sécurité", à "interdire scrupuleusement la population de faire des rondes nocturnes". Les jeunes des quartiers contestataires, qui empêchent la police d’y accéder, ont mis en place des patrouilles de nuit, accusant policiers et Imbonerakure – les militants de la Ligue de jeunesse du parti présidentiel, qu’ils accusent de prêter main forte à la police – de s’infiltrer la nuit pour y commettre des exactions.

Le CNS commande enfin "aux autorités concernées (…) d’ouvrir les écoles et les résidences universitaires dès lundi 11 mai" et "aux fonctionnaires de l’Etat de reprendre immédiatement le travail".

Le Conseil national de sécurité (CNS) est composé du chef de l’État, de ses deux vice-présidents, des ministres de la Sécurité publique, de l’Intérieur, des Relations extérieures, de la Défense et de la Justice, ainsi que des principaux responsables des forces de sécurité.

Vendredi soir, un important dispositif policier était entré dans le quartier contestataire de Nyakabiga et y avait démantelé les barricades qui hérissaient le quartier depuis le début de la contestation, provoquant des heurts avec les manifestants. Selon des témoins, l’un d’eux a été tué par la police et plusieurs blessés.

De nouvelles barricades avaient été érigées samedi matin après le départ dans la nuit de la police, ont constaté des journalistes de l’AFP.