Politique

Tunisie : le trouble jeu de l’UGTT

Couverte de louanges pour son rôle pacificateur durant les quatre années qui ont suivi la révolution, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) inquiète gouvernement et milieux économiques par son appui aux mouvements sociaux qui traduisent l’impatience des Tunisiens.

Mis à jour le 29 avril 2015 à 09:44

Rassemblement devant le siège de la centrale syndicale, place Mohamed Ali, à Tunis, le 1er mai 201 © REA

"Elle présente aujourd’hui l’addition, résume Norbert de Guillebon, administrateur de sociétés tunisiennes et vice-président des conseillers du commerce extérieur de France en Tunisie. Il n’y a plus de négociations triennales comme avant, mais des négociations tout le temps ! La compétitivité du pays ne peut supporter cette avalanche de grèves et de revendications. L’UGTT sera-t-elle responsable ou pas ?"

Chômeurs

La centrale syndicale louvoie entre l’intérêt de ses mandants et celui de l’économie, qui ne repartira pas sans un regain de confiance des investisseurs. "Ce ne sont pas tant les salariés qui bloquent les entreprises, mais les chômeurs qui demandent du travail, se défend Mbarki Bouali, secrétaire général adjoint. Cela se calmera quand le développement bénéficiera aux régions déshéritées."

Il souligne que "le pouvoir d’achat des Tunisiens a chuté de presque 30 %" et qu’il faut "rectifier ça pas à pas" : "Dans le secteur privé, nous avons obtenu un accord, en mai 2014, pour une augmentation de 6 %, plus 10 dinars [environ 4,50 euros] pour les frais de transport." Est-il conscient que le budget de l’État aura du mal à supporter les 15 % de mieux revendiqués au titre de 2014 par les fonctionnaires ?

"Nous savons que c’est difficile, dit-il, mais nous demandons au gouvernement d’agir sur l’économie informelle et la contrebande pour obtenir des recettes fiscales supplémentaires." Pour finir par reconnaître : "Il nous faut faire des sacrifices pour que les générations futures aient une Tunisie en ordre de marche économique, social, politique, environnemental et culturel." L’art du grand écart…