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Cet article est issu du dossier «Burundi, le grand saut»

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Économie

Gervais Rufyiriki : « En cinq ans, 5 000 entreprises ont été créées »

Gervais Rufyiriki, dans son bureau, à Bujumbura en février. © Martina Bacigalupo pour J.A.

Nommé en août 2010 deuxième vice-président de la République, chargé des questions économiques, Gervais Rufyiriki passe pour être l'un des seuls véritables techniciens de l'exécutif. Il s'est attelé personnellement à l'amélioration du climat des affaires et à la promotion du secteur privé local, symbolisées par la création de l'Agence nationale de promotion des investissements (API) en 2009.

Il est aussi en première ligne pour trouver des investisseurs étrangers, dans la sous-région et en Europe, en particulier à Bruxelles et à Paris, comme le 27 janvier dernier lorsqu’il a été accueilli par le patronat français au siège de Medef International. Ingénieur agronome formé à l’Université catholique de Louvain (UCL), en Belgique, Gervais Rufyiriki suit de très près la privatisation en cours de la filière café (lire p. 86) et le développement d’un secteur rizicole susceptible d’assurer la subsistance de la population.

Président du conseil communal de Bugendana, dans la province de Gitega (centre du pays) depuis 2005, il a été élu la même année à la présidence du Sénat (mandat qu’il a assuré jusqu’à sa nomination à la vice-présidence du pays) et a intégré le conseil des sages du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD, au pouvoir) en 2007. À presque 50 ans, Gervais Rufyiriki apparaît aujourd’hui comme l’une des personnalités montantes du parti.

Propos recueillis par Olivier Caslin

Jeune Afrique : Le Burundi a progressé de vingt places dans le classement « Doing Business » de la Banque mondiale ces dernières années. Était-ce une priorité pour le gouvernement ?

Gervais Rufyiriki : Bien sûr ! Comment assurer le développement d’un pays sans s’appuyer sur un secteur privé dynamique ? Nous avons fourni des efforts particuliers pour améliorer l’environnement des affaires, afin de mobiliser nos ressources internes et nos partenaires étrangers. La mise en place de l’API [Agence de promotion des investissements] a notamment permis de stimuler un entrepreneuriat encore embryonnaire au Burundi. Ces cinq dernières années, plus de 5 000 sociétés ont été créées. Même si la plupart d’entre elles existaient déjà dans le secteur informel, c’est un véritable succès, qui permet au Burundi d’être classé parmi les vingt premiers pays au monde en termes de création d’entreprises.

Il nous reste d’importants défis à relever notamment celui de l’accès à l’énergie. 

>>>> Lire aussi – Le Burundi à Paris, en mode business 

Il reste néanmoins beaucoup à faire selon de nombreux patrons locaux et étrangers, qui regrettent un décalage entre la conception et la mise en oeuvre des réformes. Que leur répondez-vous ?

Que nous sortons d’une période très difficile et que nous avons déjà beaucoup progressé en matière de taxation des entreprises, de protection des investissements, de délivrance des permis de construire et de transfert de propriété. Cela étant, il nous reste d’importants défis à relever, à commencer par celui de l’accès à l’énergie. Là encore, l’API doit nous aider en identifiant les investisseurs potentiels et en facilitant leur implantation au Burundi.

L’adhésion du pays à la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) favorise-t-elle l’afflux d’investisseurs d’autres États membres ?

Tout à fait. Nous avons déjà pu constater l’arrivée d’investisseurs kényans et tanzaniens dans le tourisme et dans le secteur bancaire. L’intégration du Burundi à la Communauté a également des effets bénéfiques en matière d’encadrement, de gouvernance et d’échanges commerciaux. Nous avons beaucoup à gagner en tant que membre de l’EAC, laquelle peut agir comme un accélérateur de développement pour notre pays.

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