Société

Affaire Tanoh : Ecobank contre-attaque à Londres

La Haute Cour de justice britannique a intimé à l’ancien dirigeant d’Ecobank de ne pas demander le versement des 13,2 milliards de F CFA (environ 20 millions d’euros) auxquels la banque avait été condamnée à Lomé et Abidjan.

Mis à jour le 29 avril 2015 à 10:21

Le siège d’Ecobank se trouve à Lomé, au Togo. © Michel Aveline/JA

Le contentieux qui oppose Ecobank (ETI) à Thierry Tanoh, son ancien directeur général, licencié en 2014 après une longue crise de gouvernance, a enregistré un nouveau rebondissement. Après avoir été condamné par le tribunal de commerce d’Abidjan et par le tribunal du travail de Lomé, le groupe bancaire panafricain a contrattaqué à Londres devant le tribunal de commerce de la Haute Cour de Justice, en vertu d’une clause figurant dans le contrat de travail signé par l’ex-dirigeant d’Ecobank.

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Selon nos informations, le 17 avril, le groupe panafricain a obtenu du juge Peregrine Simon, du Tribunal de commerce de Queen’s Bench, dépendant de la haute Cour de Justice de Londres, une ordonnance intimant à Thierry Tanoh de ne pas prendre de mesures pour reconnaître ou exécuter les versements de dommages et intérêts de 7,5 et 5,7 milliards de FCFA (soit 20 millions d’euros en tout), respectivement décidés à Abidjan et Lomé.

Dans le camp des conseils de Thierry Tanoh, l’heure n’est néanmoins pas à la panique. L’avocat de l’ex-directeur général d’ETI, Soualiho lassomann Diomande, du cabinet Lexways, rappelle que les décisions prises à Lomé et Abidjan ne peuvent être remises en cause à Londres, les plaintes déposées ne s’appuyant pas sur le contrat de travail signé par l’ex-dirigeant.

En Côte d’Ivoire, ce dernier a déposé plainte pour diffamation suite à une lettre adressée le 1er mars 2014 par Daniel Matjila, administrateur d’ETI et PDG du sud-africain Public Investment Corporation (PIC) aux autres membres du conseil d’administration du groupe. Le courrier présentait alors M. Tanoh comme un “menteur”, « immature », « manquant d’éthique » et « inapte à exercer la profession bancaire ».

A Lomé, celui qui est désormais secrétaire général adjoint de la présidence ivoirienne a attaqué son ancien employeur pour licenciement abusif sur la base d’un certificat de travail rédigé localement et ne comportant pas de clause d’arbitrage. Conformément aux possibilités offertes par l’ordonnance, Thierry Tanoh devrait d’ici quelques jours désigner un représentant local pour attaquer la décision du juge londonien.