Politique

RDC : enlèvement de trois membres de la Monusco dans le Nord-Kivu

Deux Congolais et un Zimbabwéen, membres de l’unité de la Monusco chargée du déminage et de la neutralisation des munitions non explosées, ont été enlevés jeudi au Nord-Kivu.

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Mis à jour le 24 avril 2015 à 09:52

La Monusco près de Kibumba au Nord-Kivu le 23 avril 2015. © AFP/Federico Scoppa

Selon une source onusienne, les trois employés de la Monusco, deux Congolais et un Zimbabwéen, faisaient route vers Rutshuru, à plus de 60 km au nord de Goma, quand ils ont été enlevés, jeudi 23 avril, vers 17h30 (15h30 GMT) à Kibumba, à une trentaine de kilomètres au nord de Goma.

"Nous ne savons pas où ils ont été emmenés", a-t-on ajouté de même source, sans préciser davantage les circonstances de l’enlèvement.

Parlant sous le couvert de l’anonymat, un officier de l’armée congolaise a indiqué avoir trouvé avec ses hommes vers 18h00 (16h00 GMT) "une voiture de la Monusco marquée UN-MAG (l’unité de la Monusco chargée du déminage et de la neutralisation des munitions non explosées )" dans les environs de Kibumba.

"Le moteur tournait et la voiture était vide. Apparemment, ceux qui étaient dedans ont été enlevés", a-t-il ajouté.

Selon un responsable des forces de sécurité locales, le véhicule a été retrouvé entre Kibumba et Rugari, localité située à une dizaine de kilomètres au nord de Kibumba, sur la route de Rutshuru.

Incursion rwandaise ?

La nouvelle de l’enlèvement des trois membres de la Monusco survient alors que le chef du département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, est en RDC. Il a notamment eu des discussions avec les autorités afin d’aplanir les divergences entre la mission onusienne et le gouvernement de Kinshasa.

Dans le même temps, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, a déclaré jeudi à la presse avoir été informé de "l’infiltration d’une centaine de militaires rwandais" en territoire congolais du côté de Kibumba, localité frontalière du Rwanda.

>> Lire aussi : Incident frontalier entre le Rwanda et la RDC, qui dit vrai ?

Julien Paluku a également soutenu que cette incursion des troupes rwandaises en RDC ne serait que le point de départ d’une nouvelle rébellion, fomentée de l’extérieur, qui serait composée d’ex-combattants du M23 et de ceux du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP, groupe armé jadis dirigé par le général "déchu" Laurent Nkunda).

À Kigali, l’on se dit surpris par ces "rumeurs". Au ministère de la Défense, un conseiller affirme même "n’être pas au courant" d’une quelconque infiltration des troupes rwandaises sur le sol congolais…

(Avec AFP)