Politique

Qui est Aisha Buhari, la nouvelle première dame du Nigeria ?

Mis à jour le 17 avril 2015 à 16:54

Elle est aussi réservée que Patience Jonathan, l’ex-First Lady, était exubérante. L’épouse du nouveau président Muhammadu Buhari devrait s’en tenir à un rôle de première dame très traditionnel.

Elle a débuté sa vie de First Lady par une petite danse de la victoire. Entourée de supportrices brandissant des balais de paille – emblème du All Progressives Congress, la coalition dont Muhammadu Buhari, son mari, était le candidat -, Aisha Buhari, 44 ans, laissait enfin éclater sa joie. D’ordinaire toujours dans l’ombre de son époux, elle offrait ainsi aux caméras une petite séquence vidéo qui allait bientôt inonder la Toile nigériane.

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D’elle, on sait fort peu de choses. Peule, originaire du nord-est du pays, elle a 18 ans lorsque, en 1989, elle épouse Muhammadu Buhari, de vingt-huit ans son aîné, qui vient de divorcer de sa première femme, Safinatu Yusuf. Ensemble, ils auront cinq enfants. Une union précoce qui ne l’a pas empêchée d’étudier l’administration publique à l’université Ahmadu-Bello avant de se consacrer à des études de cosmétologie à Dubaï puis à Londres.

Un parcours aussi lisse qu’étonnant, qui laisse pourtant présager du style de cette future première dame (la passation de pouvoir est prévue pour la fin mai) et tranche avec celui de la First Lady sur le départ, Patience Jonathan, devenue au fil de ses fautes de grammaire la cible préférée des humoristes.

Durant la campagne, Aisha avait même refusé de répondre aux provocations de la bouillante Patience, qui avait appelé à jeter des pierres sur les partisans de l’alternance et qualifié Muhammadu Buhari de "vieillard comateux". Le directeur de la communication de l’intéressé avait alors rétorqué qu’Aisha Buhari ne "s’abaisserait pas" à répondre à ce type de propos et ne jouerait pas, comme Patience, le "rôle de rabatteur de voix".

Orphelinat

Une première dame "traditionnelle", voilà ce qu’a promis d’être Mme Buhari dans l’une de ses récentes et rares interviews, où elle citait quelques aspects de sa future fonction : "recevoir nos hôtes, se rendre dans des orphelinats, aider les plus pauvres, mener un combat en faveur des droits des femmes et des enfants…"

Et dire que son mari avait promis, durant sa campagne, de supprimer s’il était élu le cabinet de la première dame, qu’il jugeait "inconstitutionnel" ! "Si ce cabinet est reconnu conforme à la Constitution, nous ne l’abrogerons pas, avait acquiescé Aisha. Mais s’il ne l’est pas, cela ne me dérangerait pas qu’il disparaisse."

On ne saurait être plus discrète.