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Les entreprises algériennes plébiscitent les jeunes de la diaspora

La troisième édition du Forum ITN Emploi « Spécial Algérie » organisé à Paris a attiré plus de 700 étudiants, diplômés et jeunes professionnels interessés par l’opportunité de travailler en Algérie.

Mis à jour le 14 avril 2015 à 13:50

Talent2Africa cible la diaspora africaine en Europe. Ici, des participants à un salon de recrutement spécial Algérie, organisé à Paris en avril 2014. © ITN / ECAF

Plus de 720 diplômés, jeunes cadres et entrepreneurs débutants se sont rendus les 11 et 12 avril au Forum ITN emploi « spécial Algérie », organisé à Paris par le cabinet de conseil en recrutement et formation ITN, afin de découvrir les opportunités d’emploi proposées par une vingtaine d’entreprises nationales et multinationales implantées en Algérie. Parmi elles : le conglomérat industriel Cevital, le distributeur automobile Elsecom, le groupe bancaire Société générale, le producteur d’électroménager Condor, l’assureur Axa ou encore le groupe agro-industriel NCA Rouiba.

Formation

Pour séduire ces entreprises, le principal atout de la plupart des participants au forum est d’avoir acquis, au cours de leurs expériences à l’étranger, un savoir-faire et des connaissances techniques très recherchés et peu enseignés en Algérie.

« Les études supérieures en Algérie sont complètement déconnectées du monde économique », regrette ainsi Marie-Aude Labrosse, co-fondatrice du cabinet ITN. « Aujourd’hui, l’Algérie a pris beaucoup de retard dans certains secteurs comme la grande distribution ou la banque. Le pays a besoin de gens formés pour remédier aux faiblesses du marché de l’emploi », explique-t-elle.

« Lorsqu’ils arrivent au terme de leur formation universitaire, les étudiants en Algérie disposent de solides bases théoriques mais n’ont pas nécessairement les compétences pratiques requises pour intégrer le monde professionnel », confirme Nadir Yousfi, un jeune algérien, qui a choisi de suivre ses études de biologie en France afin de pouvoir « faire des stages et acquérir des compétences spécifiques ».

Un parcours qui fait écho à celui de Neïla. Arrivée en France à l’âge de 18 ans pour se former aux métiers des ressources humaines, la jeune fille souhaite désormais mettre à profit ses compétences au sein d’une entreprise basée en Algérie, son pays d’origine. Et, c’est précisément cette « french touch » que sont venus chercher les recruteurs.

>>>> Lire aussi – Chômage : les racines du mal maghrébin 

Diaspora

En Algérie où le taux de chômage touche 21,5 % des moins de 35 ans (contre une moyenne nationale de 10,6 %), ces jeunes actifs sont appréciés des recruteurs, explique Kamel Moula, président du CEIMI. Selon lui, en plus d’avoir reçu des « formations qualifiantes et spécialisées », ils ont cet avantage de pouvoir « s’adapter aux spécificités culturelles de l’entreprise algérienne ».

Selon Marie-Aude Labrosse, près de 20 000 étudiants algériens se trouvent actuellement en France dans le cadre de leurs études. Pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplomés et actifs de cette diaspora, le cabinet ITN a développé des partenariats avec l’université française d’Evry et la Toulouse Business School. ITN diffuse, par ailleurs, les informations relatives aux forums et offres d’emplois proposées par les entreprises partenaires auprès de l’ensemble des universités françaises et de plusieurs grandes écoles.

Kamel Moula, président du Club des entrepreneurs et industriels de la de la Mitidja (CEIMI). DR(CEIMI). DR" class="caption" style="margin: 4px; border: 0px solid #000000; float: left;" />Trois questions à Kamel Moula, Président du Club des industriels et entrepreneurs de la Mitidja (CEIMI)

Ce club réunit environ 1 300 entreprises adhérentes situés pour la plupart dans la Mitidja, une région du nord de l’Algérie qui comprend les villes d’Alger, Blida, Tipaza et Boumerdès.

Jeune Afrique : Quel est l’apport d’un étudiant algérien ayant fait ses études en France ? 

Kamel Moula : L’Algérie est aujourd’hui dans une phase importante, il y a une forte demande et nous voulons diminuer nos importations pour essayer d’équilibrer notre balance. Pour cela, il faut s’ouvrir au marché d’export et nous avons besoin d’une main d’oeuvre qualifiée. En Algérie, les gens qui sortent de l’université ne sont pas prêts à l’emploi. Les entreprises, elles, n’ont ni le temps ni la vocation de former. L’avantage, avec les Algériens qui ont suivi leurs études en France, est double : ils sont qualifiés et peuvent s’adapter rapidement aux spécificités culturelles de nos entreprises.

Les compétences que vous recherchez chez les jeunes actifs ne peuvent être acquises en Algérie ?

L’Algérie n’est pas prête. Elle commence à proposer des formations spécialisées mais cela demande du temps. Comme le besoin est éminent, nous nous tournons vers la France. Chacun de nous a une part de responsabilité pour essayer de collaborer, d’apporter son expérience, pour le bien être économique et social de notre pays.

Comment convaincre la diaspora algérienne de chercher un emploi dans le secteur privé algérien ?

Aujourd’hui, le chômage existe dans le monde entier mais chez nous, en Algérie, la croissance est importante. Ces jeunes ont des formations qualifiantes et spécialisées et c’est précisément ce dont nous avons besoin. Le chômage concerne surtout des gens qui n’ont pas de qualifications. Il est difficile pour nous de les intégrer dans le monde du travail.