Société

États-Unis : un policier blanc inculpé de meurtre après avoir tiré 8 fois dans le dos d’un homme noir

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Mis à jour le 8 avril 2015 à 11:05

Un policier blanc de Caroline du Sud a été inculpé mardi de meurtre après qu’une vidéo l’a montré en train d’abattre un homme noir de 50 ans de 8 balles dans le dos à la suite d’un banal contrôle routier. Une affaire qui risque de raviver les tensions raciales aux États-Unis.

Et si la scène n’avait pas été filmée par hasard par un passant ? Nul doute que le policier aurait eu, comme beaucoup d’autres sans doute dans la même situation, de grandes chances d’être blanchi. Mais ce n’est pas le cas de Michael Slager, un officier blanc de 33 ans arrêté et inculpé de meurtre mardi 7 avril à North Charleston en Caroline du Sud (sud-est des États-Unis). Celui-ci avait plaidé d’abord la légitime défense. Mais la vidéo (ci-dessous) diffusée d’abord par le New York Times est accablante pour lui.

On y voit le policier tirer huit fois dans le dos de Walter Scott, un homme noir de 50 ans qui tentait de s’enfuir après s’être fait arrêté samedi soir lors d’un banal contrôle routier pour un feu cassé. Celui-ci, qui avait été rattrapé une première fois dans un parc par le policier, est touché cinq fois, selon un avocat de sa famille, cité par le New-York Times et qui assure tirer ses informations du médecin légiste: trois fois dans le dos, une fois dans le haut des fesses et une fois à l’oreille. Au moins l’une des balles a atteint le cœur, tuant la victime dans les secondes qui ont suivi l’incident.

Calme apparent du policier

La vidéo montre ensuite le policier marcher calmement vers le mourant, lui enjoignant de mettre les mains dans le dos avant de lui passer les menottes. Michael Slager risque la peine de mort ou 30 ans d’emprisonnement. Dans le mandat d’arrêt qui le vise il est indiqué que "Thomas Slager (…) a illégalement et avec préméditation tué la victime". "Il a tiré sur la victime à plusieurs reprises dans le dos après une altercation."

Fortes tensions raciales

Le maire de la ville, Keith Summey, s’est exprimé lors d’une conférence de presse. "Quand vous prenez une mauvaise décision, peu importe que vous soyez là pour protéger la population ou un simple citoyen dans la rue, vous devez vivre avec cette décision", a déclaré l’édile, cité par le quotidien Post and Courier.

Le meurtre de Walter Scott intervient dans un contexte de fortes tensions raciales aux États-Unis à la suite de plusieurs affaires de personnes noires non armées tuées par des policiers blancs qui ont été rarement inquiétées. La mort début août à Ferguson (Missouri) d’un jeune Noir non armé, tué par un policier blanc, avait notamment provoqué des manifestations dans tout le pays pour dénoncer les violences policières à l’encontre des Noirs. Le policier de Ferguson n’a finalement pas été poursuivi en justice, faute de preuves, mais le département de la Justice a publié un rapport accablant sur les pratiques racistes coutumières de la police et des responsables de la municipalité.

(Avec AFP)