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Vie des partis

Bénin : Lépi, ou l’épine dans le pied

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Manifestation à Cotonou, le 29 octobre, pour réclamer l'organisation des locales.

Manifestation à Cotonou, le 29 octobre, pour réclamer l'organisation des locales. © Benjamin Agon/AFP

Fiable, ultramoderne… On parait cette liste informatisée de toutes les qualités. Son actualisation a pourtant paralysé le système électoral béninois pendant deux ans. Et tout le monde s’en renvoie la responsabilité.

Financée en grande partie par la communauté internationale, la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) a été élaborée peu avant les élections de 2011. "Même s’il y avait des imperfections, cette liste respectait les critères internationaux", estime un diplomate occidental en poste à Cotonou. Mais en décembre 2012, passé la présidentielle et dans un climat politique tendu, décision est prise de corriger et d’actualiser la Lépi.

Réunissant cinq députés de la majorité présidentielle, quatre de l’opposition et deux membres de l’administration (le directeur général de l’Institut national de la statistique et de l’analyse économique et le directeur du service national chargé de l’état civil), un Conseil d’orientation et de supervision (COS) de la Lépi est mis en place en mai 2013. Sa mission, qui aurait dû être terminée à la fin de la même année, ne s’est finalement achevée qu’en mars 2015. Entre-temps, tout le système électoral a été paralysé, et les élections communales, municipales et locales, censées se tenir en mars 2013, ont été reportées.

Comment expliquer un tel retard ? Du côté du gouvernement, on met en cause la mauvaise gestion financière et les difficultés techniques d’un COS trop indépendant, échappant totalement à son contrôle. Le Conseil s’est défendu en dénonçant le retard avec lequel les autorités ont honoré son budget. Corriger la Lépi impliquait en effet de s’équiper de kits pour l’enregistrement des données biométriques, de former les agents chargés de collecter, puis de traiter les données… L’opposition, quant à elle, a accusé le gouvernement de vouloir retarder le plus possible les élections.

Il y a sûrement un peu de vrai dans chacune de ces explications. En réalité, ne pas organiser les élections dans les délais arrangeait la plupart des forces politiques. Beaucoup considéraient que leurs chances de remporter les scrutins seraient plus élevées à l’approche de la fin du mandat de Boni Yayi. "Pour eux, l’influence politique du chef de l’État, toujours plus importante à mesure que l’on s’éloigne des centres urbains, serait alors moins grande", analyse Francis Adébola Laleyè, expert en gouvernance, consultant à l’Institut d’études de sécurité de Pretoria.

>> À lire aussi : Bénin : la Cour constitutionnelle met fin au débat sur un éventuel troisième mandat de Boni Yayi

 

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© PIERRE VERDY / AFP

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