Politique

Maroc : Abdelhak Khiame, le boss de la police d’élite

Ce policier d’élite dirige le tout nouveau FBI marocain. Dans sa ligne de mire : terrorisme, grand banditisme et narcotrafics.

Mis à jour le 3 avril 2015 à 14:05

Abdelhak Khiame, à Salé le 23 mars. © STR/AFP

Salé, 23 mars, au siège flambant neuf du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ). Le maître des lieux, Abdelhak Khiame, 57 ans, tout juste nommé directeur général, annonce en conférence de presse le démantèlement d’une cellule terroriste de treize individus se réclamant de l’État islamique dans le Maghreb extrême (une branche de Daesh) et de Youssef Ben Tachfine, sultan du Maroc au XIe siècle, réputé pour son rigorisme.

Au-delà de cette allocution, la nouveauté réside surtout dans la création de ce bureau, qui interviendra en matière de lutte antiterroriste, mais aussi dans les affaires de grand banditisme, de trafic de drogue à grande échelle, de falsification de devises et de cybercriminalité. Composé de policiers d’élite formés aux États-Unis et en Suisse, ce FBI marocain se situe à mi-chemin entre police et services secrets.

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Au moment où le Maroc redouble de vigilance face à la menace jihadiste, ses services de sécurité ont tout intérêt à se rapprocher de la population. Une tâche dans laquelle Abdelhak Khiame devrait exceller : après avoir succédé à Younes Jamali à la tête de la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ) en 2004, il avait été l’instigateur d’une certaine ouverture médiatique.

À l’époque, le pays était éprouvé par les attentats terroristes du 16 mai 2003 à Casablanca, par de grands scandales financiers éclaboussant plusieurs établissements publics (CIH, Banque Populaire…) et par le procès de barons de la drogue (Chérif ben Louidane, El Nene…). Plus récemment, Khiame a participé à l’enquête sur le scandale de la Compagnie générale immobilière (CGI), qui avait provoqué l’ire du roi.

"Il est l’homme des affaires sensibles. Il est peu prolixe, mais a gardé la chaleur des habitants des quartiers populaires [il est issu de celui de Derb Sultan, à Casablanca] et sait s’adapter à toutes les situations", témoigne l’un de ses proches. En janvier, il avait été promu préfet, le plus haut grade de la police – une première étape avant sa nomination à la tête du BCIJ.