Capital-investissement

DPI lève 725 millions de dollars pour son deuxième fonds

Le marché du médicament est en plein essor en Afrique. © Ons Abid/JA

Le capital-investisseur Development Partners International, spécialisé dans l'Afrique, annonce avoir levé 725 millions de dollars pour son deuxième fonds, nettement plus que les 500 millions initialement attendus.

Le capital-investissement africain a la cote. Après Amethis, qui a levé en 2014 530 millions de dollars pour son premier fonds, ou Helios, qui a attiré récemment 1,1 milliard de dollars pour son troisième véhicule, Development Partners International (DPI) a annoncé avoir finalisé la levée de son deuxième fonds panafricain. Ce dernier, African Development Partners II (ADP II) est doté de 725 millions de dollars, au lieu de 500 millions initialement espérés.

Parmi les souscripteurs figurent l’institution d’aide au développement britannique CDC (75 millions de dollars) ou l’IFC (Groupe Banque mondiale, 40 millions de dollars). Mais des fonds de pension, des family offices ou des fonds de fonds ont également participé.

« Il y a un engouement général pour l’Afrique, constate Sofiane Lahmar, associé chez DPI. Cette levée plus importante que prévu s’explique également par le bilan de l’équipe : nous avons une expérience cumulée de plus de 100 ans sur l’Afrique. »

Classe moyenne

DPI a été créé en 2007 par Miles Morland, fondateur dans les années 90 de Blakeney, l’un des tous premiers gestionnaires d’actifs investissant sur les Bourses africaines, et Runa Alam, une pionnière du private equity en Afrique venue notamment d’Emerging Markets Partnership (aujourd’hui ECP) et de Kingzom Zephyr Africa Management. Il compte aujourd’hui une équipe d’une dizaine d’investisseurs professionnels.

Avec ce nouveau fonds, le capital-investisseur entend miser en priorité sur des secteurs d’activité qui bénéficient de la croissance de la classe moyenne africaine, notamment les services financiers, l’éducation, la construction, la logistique, les télécoms, les biens de consommation, la pharmacie, la santé, l’agroalimentaire ou la distribution.

Il entend injecter entre 40 et 100 millions de dollars par opération.

Investissements francophones

En Afrique francophone, DPI a déjà réalisé plusieurs investissements, dont 20 millions de dollars injectés en 2014 dans la structure de tête de l’Université privée de Marrakech. En 2013, DPI avait pris conjointement avec Mediterrània Capital et DEG 49% de Biopharm, le premier laboratoire algérien. L’année précédente, il était entré au tour de table de Touax Africa, une structure créé par le leader français de la construction modulaire, Touax, dont le premier fait d’armes avait été l’acquisition de son homologue marocain Sacmi.

« Nous sommes un acteur panafricain et nous regardons donc aussi avec attention la partie francophone, explique Sofiane Lahmar. Nous regardons ainsi en ce moment des dossiers au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Cameroun. Au Maroc, notre pipeline d’opérations est toujours important et, c’est une nouveauté, nous avons des possibilités intéressantes d’investissement en Tunisie. »

Plus de 500 dossiers

Pour neuf investissements réalisés dans le cadre de son premier fonds, ADP I, Sofiane Lahmar estime que les équipes de DPI ont regardé en tout plus de 500 dossiers.

Sur ce premier fonds, le capital-investisseur a déjà cédé deux participations pour un taux de rendement interne (TRI, l’indice de rentabilité annuelle des investissements) de plus de 30% : l’entreprise agroalimentaire Libstar (Afrique du Sud), cédée en 2014 à un autre capital-investisseur, Abraaj, et l’assureur nigérian Mansard repris il y a quelques mois par AXA pour 198 millions d’euros.

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