Société

Tunisie : que sait-on des deux terroristes du musée du Bardo ?

Le Premier ministre tunisien Habib Essid a dit jeudi 19 au matin avoir identifié les deux assaillants auteurs de l’attaque du musée du Bardo qui a fait dix-neuf personnes – deux Tunisiens et 17 touristes – selon le dernier bilan. L’attentat n’a pas encore été revendiqué.

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Mis à jour le 19 mars 2015 à 12:48

Lors de l’attaque du musée du Bardo à Tunis, en 2015. © Yassine Gaidi/AFP

  • Les deux assaillants identifiés

Le Premier ministre tunisien Habib Essid a identifié les deux assaillants du musée du Bardo mercredi comme étant Yassine Abidi et Saber Khachnaoui.

"On les a identifiés, c’est bien ces deux terroristes", a dit Essid sur la radio française RTL. Ajoutant que "pour le moment on ne peux pas dire s’ils appartiennent à l’une ou l’autre des organisations terroristes".

  • Un des attaquant suivi par les services de sécurité

Habib Essid a cependant précisé qu’Abidi était connu des services de police, "il était signalé et suivi".

font-size: 13px; line-height: 18.2000007629395px; background-color: rgb(255, 255, 255);"> Le président Béji Caïd Essebsi a imputé la responsabilité de l’attaque à des islamistes armés. "Deux ont déjà été identifiés. Nous savons que ce sont les extrémistes toujours, ce qu’on appelle Ansar Al-Charia, ce qu’on appelle les salafistes djihadistes", a-t-il déclaré sur France 24.

Mercredi, le Premier ministre avait fait état de deux ou trois complices possibles mais n’a donné aucune indication sur les opérations en cours pour les identifier.

Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, les suspects sont "probablement" de Tunisiens.

  • Faille sécuritaire ?

Le gouvernement n’a pas non plus évoqué les éventuelles failles sécuritaires. L’attaque est intervenue en pleine audition au Parlement – mitoyen du musée du Bardo – de cadres militaires et de la justice sur la réforme de la loi antiterroriste, prévue depuis des mois mais sans cesse repoussée.

Selon le Premier ministre, les assaillants ont ouvert le feu sur les touristes alors qu’ils descendaient de leur bus et ont ensuite été pourchassés dans les couloirs du musée.

>> Lire aussi : Attaque au musée du Bardo, retour sur un carnage

  • Attentat pas encore revendiqué

Cette attaque, qui a duré environ quatre heures, n’a pas été encore revendiquée.

"Il y a beaucoup de cellules dormantes en Tunisie", a déclaré le président Essebsi sur France 24.

  • La piste de la Phalange Okba Ibn Nafaa

La Tunisie combat depuis plus de deux ans la Phalange Okba Ibn Nafaa. Ce groupe lié à Al-Qaïda au Maghreb islamique a jusqu’à présent concentré ses activités à la frontière algérienne, dans la zone du Jebel Chaambi, tuant des dizaines de policiers et militaires depuis décembre 2012.

>> Pour aller plus loin : Sur la trace des jihadistes du mont Chaambi

  • La piste de l’Etat Islamique

Autre piste, celle de combattants membres de l’Etat islamique (EI). En février, Rafik Chelli, le secrétaire d’état chargé des questions sécuritaires, avait estimé à 500, le nombre deTunisiens, ayant combattus en Irak, en Syrie ou en Libye dans les rangs de différentes organisations jihadistes comme l’Etat islamique, sont rentrés dans leur pays.

Plusieurs jihadistes tunisiens depuis la Syrie et la Libye avaient menacé la Tunisie d’attaques ces derniers mois.

  • "Pas de lien avec la situation en Libye"

Pour Béji Caïd Essebsi, l’attaque du Bardo "n’a pas de connexion avec ce qu’il se passe en Libye". Prônant le dialogue, il a estimé que les propositions d’intervention militaire dans la Libye voisine "ne feraient qu’aggraver la situation".

Dans une allocution télévisuelle mercredi soir, il avait dit vouloir que le peuple tunisien “comprenne que nous sommes en guerre contre le terrorisme (…).” Il avait ajouté : “je veux que le peuple tunisien se rassure (…) ces traîtres seront anéantis".