Société

Kenya : un restaurant chinois fermé pour « racisme »

Un restaurant chinois de Nairobi a été forcé de fermer ses portes. L’établissement de la capitale kényane est accusé de « racisme » après avoir instauré une consigne claire : l’entrée des Noirs est interdite après 17 heures. Une directive qui a enflammé les réseaux sociaux.

Mis à jour le 25 mars 2015 à 18:59

Nairobi, capitale du Kenya. © Simon Maina/AFP

Le restaurant chinois Chongquing de Nairobi, au Kenya, a été contraint de fermer ses portes, mardi 24 mars, après avoir interdit aux Noirs de fréquenter l’endroit après 17 heures. L’établissement, situé dans le quartier résidentiel de Kilimani où vit une importante communauté chinoise près du centre-ville, aurait pris cette mesure après avoir été le théâtre d’une attaque à main armée en 2013. Les propriétaires ont invoqué des raisons de sécurité pour justifier la mise en place d’une telle consigne. "Nous n’admettons pas les Africains que nous ne connaissons pas car on ne sait jamais qui est un ‘islamiste somalien’ shebab ou non", a expliqué Esther Zhao, la porte-parole du restaurant, au quotidien local Daily Nation.

Les propriétaires du restaurant ont été convoqués par les autorités de la capitale kényane, après un déferlement de colère sur les réseaux sociaux, selon la presse locale. Ils se sont excusés d’avoir choqué la population. De nombreux internautes se sont insurgés sous le hashtag #RacistRestaurant ou #NoBlacksHere, dénonçant au passage un supposé racisme chinois au Kenya.

Le restaurant aurait aussi été forcé de fermer ses portes parce qu’il n’était pas en règle. Le commerce ne possédait pas de licences. Les propriétaires n’avaient pas modifié le bail résidentiel en bail commercial, ne possédaient pas de permis de vente d’alcool et ne respectaient pas les règles d’hygiène alimentaire. "Le restaurant sera fermé jusqu’à ce qu’il réponde à toutes les règles et règlements", a déclaré Evans Kidero, le gouverneur de Nairobi. Dans le quotidien The Standard, il a indiqué que "tous les fournisseurs de services devaient faire en sorte que tous les clients soient traités avec respect et dignité, quels que soient leur couleur, leur sexe, leur ethnie et leur religion."

Pékin est un important investisseur au Kenya, première économie d’Afrique de l’est, où s’est installée une importante communauté chinoise en pleine croissance.

>> Lire aussi : Le Kenya signe pour 5 milliards de dollars de contrats avec la Chine

(Avec AFP)